Bloomlife: la petite "boîte" liégeoise qui monte dans la Silicon Valley

Bloomlife: la petite "boîte" liégeoise qui monte dans la Silicone Valley
Bloomlife: la petite "boîte" liégeoise qui monte dans la Silicone Valley - © Tous droits réservés

La success-story de Bloomlife, c’est l'histoire d'une société qui a été fondée en Californie par un petit gars bien de chez nous: Julien Penders.

Un jeune Liégeois, ingénieur en informatique, qui a quitté le Sart Tilman il y a dix ans pour tenter le rêve américain avec son amoureuse, Ludivine. Alors les tourtereaux traversent l’Atlantique, Ludivine tombe enceinte, mais au pays de l’Oncle Sam, où la sécurité sociale n’est aussi développée que chez nous (c’est un euphémisme), ils imaginent un petit dispositif pour surveiller la grossesse de Ludivine. Un dispositif qui détecte automatiquement les contractions et qu’elle peut contrôler directement sur sa tablette ou son smartphone.

Un pied de chaque côté de l'Atlantique

Et c’est comme ça qu’est née l’idée de Bloomlife, cette start-up qui marche finalement avec un pied de chaque côté de l’océan.

Parce qu’elle est basée dans la Silicon Valley, où vivent Ludivine et Julien, et en Belgique, où s’effectuent le développement produit et la recherche clinique. Alors la start-up collabore notamment avec le Centre hospitalier Oost-Limburg de Genk, tout en remportant outre Atlantique l’Extreme Tech Challenge organisé par Richard Branson. Il faut dire que Bloomlife surfe à la fois sur le créneau hyper tendance des objets connectés et sur le marché lucratif de la grossesse.

Mais Julien Penders est formel, le profit, ce n’est pas son objectif principal: "Pouvoir utiliser cette opportunité qui existe vis-à-vis des mamans ou cette demande que les mamans ont d’avoir des informations sur la grossesse pour capter et collecter des données qui vont nous permettre de mieux comprendre vraiment la santé maternelle et la santé du bébé. C’est ça vraiment la mission de Bloomlife, je n’aime pas trop quand on dit 'le marché lucratif des femmes enceintes', ça a un côté un peu péjoratif, business. Je suis scientifique dans l’âme et la team, on est tous des scientifiques, et ce qui nous a vraiment intéressés, c’est de répondre à des questions qui aujourd'hui n’ont pas de solution. On comprend très peu sur la santé maternelle aujourd'hui finalement, et de faire ça, en utilisant les nouvelles technologies pour apporter une nouvelle lumière, pour apporter une nouvelle compréhension sur ce qui se passe au niveau de la grossesse. Et c’est vraiment ça qui est derrière l’idée de la boîte".

Et cette "boîte" justement,vient d’annoncer une levée de fonds de six millions de dollars tout de même pour assurer son développement. Parce qu’elle a plein de projets, entre autres capter le pouls et les mouvements du futur bébé et récolter les données qui pourront aussi servir à des études sur les grossesses à risque.

Il faut y aller, il faut y aller au culot, il faut se lancer et puis on verra

Pour Julien Penders, 'the sky is the limit': "Quelque chose qui est très bien et qu’on peut apprendre vraiment de la culture californienne, la culture particulièrement à San Francisco, c’est qu’il n’y a pas de limite, il faut vraiment se lancer, si on n’est passionné, si on est vraiment passionné par une idée et qu’on pense que c’est la bonne chose à faire. Souvent, la tendance européenne est de voir un peu ce qui va se passer, ce qui peut se passer et puis souvent on oublie, on se dit 'oh non, il ne faut pas faire ça, ça sort du quotidien'. Il faut y aller, il faut y aller au culot, il faut se lancer et puis on verra ce qui se passera, mais il faut y aller".

Et si Julien a perdu son accent liégeois, s'il s’est américanisé, il reste critique par rapport à certains projets du nouveau président américain. Et rappelle ce que la Silicon Valley doit à l'immigration. Et ce qu'eux-mêmes doivent à San Francisco.

"C’est complètement farfelu, c’est abstrait ce qui se passe parce que la Silicon Valley a été créée par des immigrés et le pourcentage de boîtes, qui sont aujourd’hui des grosses boîtes, qui viennent d’immigrés est énorme. Et on entend après qu’on veut arrêter l’immigration, c’est un peu se moquer du monde et on l’a ressenti énormément à San Francisco, il y a eu des manifestations, que ce soit contre l’immigration, que ce soit contre les minorités -parce qu’il y a énormément contre les minorités dans la politique de Trump-. Et ça, pour une boîte comme Bloomlife, où on veut mettre à l’avant la santé féminine, et entendre que dans le gouvernement de Trump, on fait passer des lois sur les femmes sans les femmes, nous ça nous révolte. Donc au-delà de la tech, je pense qu’on a vraiment un mouvement qui veut cette diversité et qui veut que ce soit présent également. Pour ça, c’est bien d’être à San Francisco, je ne sais pas comment ça se passerait si on était dans le Midwest quelque part, ce serait un peu différent".

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