Blokker devient Mega World : "On va à fond dans le bazar, le côté farfouille"

Mirage Retail Group et Dutch Retail Groep ont trouvé un accord pour la vente des magasins Blokker en Belgique par le premier au second. Les 123 magasins Blokker en Belgique et au Luxembourg seront transformés et poursuivront sous une formule discount sous le nom "Mega World".

Interrogé sur La Première, Christophe Sancy, rédacteur en chef de Gondola magazine, situe l'environnement commercial de la grande distribution en Belgique, avec la présence de l'enseigne "Action" : "On est dans un type de commerce qui est très hollandais (Blokker et Action sont hollandais). Action est allé plus loin que les autres dans la notion de l'économie, en mettant des magasins dans des endroits où les loyers ne sont pas très chers. Et mieux que quiconque, ils ont ressuscité un très vieux principe que j'appelle le 'bazar' (parfois appelé 'low-end-retail'). Au départ, il s'agissait de mettre en vent des fins de séries à très bas prix. Mais quand aujourd'hui on dépasse les 1200 points de vente, cela ne tient plus : la réalité du marché des produits de grande consommation, c'est que les volumes sont en panne et il faut bien faire tourner la machine, et parfois on est bien content de trouver un canal pour évacuer des volumes".

"Au départ, Blokker était perçu comme une enseigne discount. Elle s'est peut-être un peu embourgeoisée et, pour finir, son image n'était plus très claire : on ne les attendait plus ni sur le prix, ni sur le type de produit, ni sur le lieu d'implantation. Des concurrents sont arrivés avec une image beaucoup plus claire. On peut parler d'un autre hollandais : Hema. La différence, c'est que tous les produits Hema sont labellisés Hema. Chez Blokker on trouvait aussi des marques connues", poursuit Christophe Sancy.

"Mega world", un nom explicite

Le nom de la future enseigne, Mega World, "est tout à fait explicite: on va à fond dans le bazar, le côté farfouille. Et les gens aiment bien cela, même si cela favorise la surconsommation. Mais le consommateur est un peu schizophrène : il veut du sens, de la valeur et de la qualité, mais de temps en temps il a envie de se faire un petit plaisir indulgent d'entrer dans un magasin et de ressortir en n'ayant dépensé que deux euros pour un truc dont il n'avait pas besoin et qui ne passera sans doute pas l'hiver".

"Fondamentalement il y a une notion de plaisir attachée au bazar. Si vous allez chez Aldi ou chez Lidl, vous trouvez une énorme zone non-alimentaire. La surface de ces zones dit pourquoi cette zone est importante pour ces chaînes", conclut Christophe Sancy.

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