Bernard Serin (CMI): "Notre armée snobe l'industrie belge"

Selon Bernard Serin, la défense nationale snobe l’industrie belge.
Selon Bernard Serin, la défense nationale snobe l’industrie belge. - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Seraing est le siège du groupe industriel CMI. Son président a poussé un coup de gueule contre l’armée belge, l’accusant d’ignorer l’industrie de son pays. En cause, un marché de 500 véhicules blindés qui pourrait être attribué à la France.

Le ministère belge de la Défense souhaite acheter près de 500 véhicules blindés à l’horizon 2025-2030. Nom de code: Camo, (pour CApacité MOtorisée). Un investissement important de plus d’un milliard d’euros. Mais selon Bernard Serin, la défense nationale snobe l’industrie belge.

La préférence à la France

Bernard Serin explique que l’armée belge développe le programme Camo, pour lequel la tendance actuelle est de commander les mêmes équipements que l’armée française. "Nous disons qu’il n’est pas normal que l’industrie belge ne soit pas considérée, ne sont pas envisagée dans le cadre de ce programme. Nous ne craignons ni la concurrence ni la compétition en termes de prix et de performances. La meilleure des preuves est que dans un appel d’offres mondial pour le même type d’équipement, où il y avait des Israéliens, d’autres Européens, des Norvégiens et des Américains, CMI a gagné le droit d’être le seul à faire le prototype pour l’armée américaine, c’est-à-dire que notre technologie a été reconnue comme étant la meilleure au monde par les Américains."

Spécialiste des systèmes tourelle-canon et de l'hydrogène

Le CMI est réputé pour ses systèmes tourelle-canon qu’elle conçoit et fabrique, mais l’entreprise se dit également parfaitement capable d’assembler les véhicules, d’où la frustration de Bernard Serin. Parce que CMI est une entreprise de défense qui s’est diversifiée. Outre l’industrie qui est son métier historique, le groupe a aussi un projet de transformation de l’électricité photovoltaïque ou éolienne en hydrogène. L’avantage est que l’hydrogène peut être stocké puis réutilisé à tout moment. Ce qui n’est pas le cas pour l’électricité. Avec CMI Environnement, c’est le traitement des eaux, des rejets gazeux ou des déchets solides qui est mis en oeuvre. Ce sont deux exemples de diversification, et c’est à Seraing que tous ces développements sont imaginés. Jean-Luc Maurange, le nouvel administrateur délégué de CMI, insiste bien sur ce point.  "La R&D, la gestion de projet et tout ce qui est intelligence est basé ici et restera basé ici. Certes nous nous développons à l’étranger à travers des filiales et à travers des participations, mais le cœur du réacteur — si je peux dire — est belge et liégeois, et c’est là où se regroupe une grande partie de nos équipes en charge de l’innovation, du développement et de la conception des produits nouveaux."
Plus de 1400 personnes travaillent en Belgique pour CMI, sachant que l’emploi total du groupe est de l’ordre de 5600 personnes.
Les résultats de 2017, n’ont, eux, pas été bons pour l’entreprise.
L’année a été un peu décevante à cause essentiellement de plusieurs gros projets qui ont été reportés. Le chiffre d’affaires de CMI est repassé sous le seuil du milliard d’euros, 950 millions d’euros en 2017, alors qu’en 2016, CMI atteignait 1,3 milliard. 
A priori, notamment parce que les retards qui ont été pris l’année passée seront récupérés cette année, 2018 devrait être un bon millésime.

 

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