Belgocontrol est mort, faites place à Skeyes

Skeyes, ce n’est pas le titre d’un film d’espionnage mais le nouveau nom de Belgocontrol ! La société autonome publique gère le trafic aérien des 7 aéroports belges change de nom et de logo mais s’apprête surtout à faire face à une concurrence internationale qui pourrait menacer son monopole. 

Skeyes, les yeux du ciel, c’est bien trouvé ! Car finalement, c’est bien ce que font les contrôleurs aériens. Ils scrutent le ciel et en surveille le trafic. Une activité essentielle car sans eux pas de voyages dans notre espace aérien.

Une activité en plein essor car le secteur aérien a connu en 2017 une année record avec 33 millions de vols. Une croissance qui a aussi impacté le chiffre d’affaire de Skeyes qui frôle les 235 millions d’euros avec une croissance de de 3.3 % par rapport à 2016.

Monopole légal

Skeyes, c’est une entreprise à capitaux 100% publics. Elle a le même statut que la SNCB, par exemple. Et à ce titre, elle dispose du monopole du contrôle de notre espace aérien et des avions qui le traverse. C’est d’ailleurs sa principale source de revenu : "Cela représente 80 % de notre chiffre d’affaire. Les compagnies aériennes dont les vols traversent notre pays sont pris en charge par nos contrôleurs. Et elles nous paient pour ce service", explique Joan Decuyper, patron de l’ex Belgocontrol. Sur cette activité, il n’y a pas de menaces aujourd’hui car la loi belge nous confère l’exclusivité de ces opérations.       

Vers une libéralisation du contrôle aérien ?

Mais alors sur quoi pourrait porter la concurrence ? Elle pourrait s’exercer sur le trafic des aéroports eux-mêmes : atterrissages, décollages, trafic au sol. Les contrôleurs ont géré plus d’1 millions de mouvements en 2017. Et c’est là que d’autres acteurs de ce secteur en plein développement pourraient s’implanter sur le marché belge. C’est déjà le cas à Heathtrow le grand aéroport londonien qui est géré par une société allemande ou en Espagne où c’est un opérateur anglais qui a pris le contrôle de la gestion du trafic au sol. 

Skeyes se prépare à cette future concurrence, d’abord en investissant plus de 20 millions d’euros pour renouveler et moderniser ses équipements. En recrutant aussi ! Après une sérieuse crise financière et des grèves à répétitions en 2016, l’entreprise a conclu un accord avec les syndicats et devrait porter ses effectifs à 900 salariés d’ici la fin de l’année.

Les drones, c’est l’avenir

Et puis en prenant ses marques dans des marchés d’avenir comme celui des drones ! Déjà aujourd’hui, le grand public peut se procurer des drones bon marché et les faire voler sans de véritables contrôles. Nous devons nous adapter à d’éventuelles intrusion sur le périmètre des aéroports et nous préparer à gérer un trafic qui va devenir important dans les années à venir. "Le transport de marchandises et de biens précieux ou encore de médicaments va se développer beaucoup et nous voulons être à la pointe dans ce domaine d’avenir. Nous développons d’ailleurs des applications pour le grand public et bientôt pour les professionnels qui leur permettront de savoir quand et où ils peuvent voler en toute sécurité", ajoute le patron.    

 Skeyes n’a pas seulement les yeux rivés vers le ciel mais aussi vers le futur !  

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