Belgacom: Didier Bellens ne réintègre finalement pas Concetta Fagard

Belgacom: Didier Bellens met un terme au contrat de Concetta Fagard
Belgacom: Didier Bellens met un terme au contrat de Concetta Fagard - © Belga

Le patron de Belgacom, Didier Bellens, a finalement décidé jeudi soir de ne pas poursuivre le contrat de son ancienne assistante personnelle et ex-vice présidente Concetta Fagard, en accord avec cette dernière.

"Dans l'intérêt de la société et après discussion avec Mme Fagard, l'Administrateur Délégué et Mme Fagard ont conclu un accord de ne pas poursuivre le contrat de cette dernière avec Belgacom S.A.", indique jeudi soir Belgacom.

On apprenait il y a environ une semaine que Didier Bellens voulait réintégrer l'ex-vice présidente de Belgacom chargée du sponsoring, Concetta Fagard. Elle avait pourtant dû quitter l'entreprise peu avant l'été à la suite d'un important différent avec la directrice de la communication, qui avait abouti à une plainte pour harcèlement moral à l'encontre de Concetta Fagard. Plusieurs collaborateurs s'étaient alors également plaints d'abus de pouvoir et de faits de harcèlement. Le conseil d'administration de Belgacom s'était ensuite opposé à son retour au sein de l'entreprise.

Le souhait du patron de l'entreprise de télécommunication de réintégrer Concetta Fagard faisait alors clairement fi de la position du conseil d'administration de l'entreprise et les réactions courroucées n'avaient pas tardé, tant du côté de la ministre des entreprises publiques Inge Vervotte, qui qualifiait sa décision "d'incompréhensible", que du côté d'une partie du personnel de Belgacom, qui a interrompu le travail durant une courte période lundi matin en signe de protestation.

Menace de démission

Le conseil d'administration de Belgacom, qui s'est penché ce jeudi soir sur le dossier Fagard et sa position vis-à-vis de Didier Bellens, avait même menacé de démissionner si le patron de Belgacom ne revenait pas sur sa décision de réintégrer Concetta Fagard, indiquait la presse jeudi matin. Mercredi, on indiquait que si Didier Bellens restait sur ses positions et que le CA refusait la réintégration de Concetta Fagard, c'est la démission du patron même de Belgacom qui était inévitable.

La presse qui indiquait par ailleurs que selon certaines sources, Didier Bellens aurait en réalité déjà une autre fonction en vue et aurait sciemment provoqué cet affrontement afin d'obtenir son départ.

Finalement, en décidant jeudi de ne pas réintégrer Concetta Fagard, Didier Bellens rejoint la position du conseil d'administration de Belgacom.

Par ailleurs, la société Belgacom a indiqué jeudi soir qu'Astrid De Lathauwer, directrice des ressources humaines chez Belgacom et l'une des "executive vice-president", à propos de qui des rumeurs de démission courraient depuis deux jours, souhaite effectivement quitter l'entreprise "afin de se consacrer à de nouveaux projets professionnels".

De commun accord, les deux parties ont décidé de mettre fin à leur collaboration. Belgacom remercie Astrid De Lathauwer pour tout son travail accompli au sein de l'entreprise depuis plus de 10 ans, indique encore le communiqué.

Inge Vervotte satisfaite

La ministre des Entreprises publiques, Inge Vervotte (CD&V), a affiché vendredi sa satisfaction après l'épilogue intervenu à Belgacom. Ceci met un terme au conflit qui opposait Didier Bellens à son Conseil d'administration. "Ma première priorité a toujours été de veiller à la bonne entente entre le Conseil d'administration et l'administrateur délégué. Je suis satisfaite de constater qu'il en est ainsi. Je pars du principe que chacun s'en tiendra aux accords conclus et les exécutera de façon correcte", a réagi la ministre.

Didier Bellens survit

Didier Bellens a donc survécu à une nouvelle tempête. Depuis son arrivée dans la société de télécommunications en 2003, le patron de Belgacom et ancien poulain d'Albert Frère avait déjà fait l'objet de nombreuses polémiques.

Le dernier scandale en date remonte à fin juillet de cette année. A cette période, le parquet de Mons annonce l'inculpation de Didier Bellens pour corruption active dans le cadre du dossier de la vente à Xelis Siva de l'ancien bâtiment de la RTT à la rue de la Raquette à Mons.

Didier Bellens aurait profité d'avantages personnels à la suite de la vente du bâtiment à un prix nettement inférieur aux prix du marché.

Didier Bellens, qui a obtenu un diplôme d'ingénieur de gestion à l'Ecole de Commerce Solvay (ULB), a débuté sa carrière en 1978 en tant qu'auditeur au sein du bureau de consultance Deloitte.

Ancien poulain d'Albert Frère

Ce Bruxellois francophone a rejoint en 1982 le Groupe Bruxelles Lambert (GBL) où il deviendra directeur financier. Albert Frère a rejoint cette année-là l'actionnariat de GBL. Une collaboration est alors née entre les deux hommes. Didier Bellens a travaillé aussi bien pour le groupe Pargesa d'Albert Frère en Suisse que chez GBL, où il a notamment suivi les dossiers de BBL et de la Royale Belge. Il est de retour au sein de GBL en 1992 où il exerce la fonction de directeur général jusqu'en 2000.

L'homme a également joué un rôle au sein du Groupe RTL, en tant qu'administrateur délégué, en s'occupant de l'expansion internationale du groupe et de son introduction en bourse.

Didier Bellens rejoint Belgacom en 2003, à l'âge de 47 ans, où il remplace John Goossens, qui vient de décéder, au poste d'administrateur délégué.

Ces dernières années ont été marquées par le départ d'une série de managers au sein de l'entreprise de télécoms. Les raisons de leur départ n'ont pas toujours été claires mais plusieurs médias ont rapporté que Didier Bellens n'admettait pas la discussion. Les derniers licenciements datent du début de cet été quand aussi bien le directeur de la communication que l'assistante personnelle de Didier Bellens ont quitté l'entreprise.

Le CEO le mieux payé du Bel20

De vives discussions ont eu lieu en 2008 lors de la prolongation de contrat de Didier Bellens. Ce dernier était alors le CEO le mieux payé du Bel20 et cela fut difficile à justifier pour une entreprise (en partie) publique. Didier Bellens a alors dû réduire sa rémunération.

Au début de son mandat à la tête de l'opérateur historique, des critiques sont nées concernant un placement personnel dans des actions de Telindus par la société de gestion de portefeuille de Didier Bellens. L'achat a été finalisé à l'été 2005 alors que son entreprise a émis en septembre de la même année une offre hostile sur l'entreprise de réseau. Le gendarme financier CBFA a ensuite blanchi Didier Bellens.

L'homme, qui est marié et qui a deux enfants, est également membre du conseil d'administration d'AXA Belgique, de l'organisation patronale flamande VOKA et fait partie du comité de direction de la FEB (Fédération des Entreprises de Belgique). Il est en outre président (indépendant) du Comité de nomination et de rémunération et administrateur (indépendant) du conseil d'administration de la Compagnie Immobilière de Belgique, conseiller de CV Capital Partners et membre du Comité Consultatif International de la Bourse de New York. Il est enfin membre du conseil d'administration de la Fondation Erasme et de la Fondation ULB et vice président du Conseil Consultatif de la Solvay Business School. Son mandat à la tête de Belgacom court jusqu'en mars 2015.

A.L. avec Belga

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