"Belfius, c'est un immense pouvoir, pourquoi le remettre au privé?"

Les banques sont en train d’encourager les petits épargnants à investir dans des produits financiers, un phénomène contre lequel met en garde Aline Farès, porte-parole du collectif " Belfius est à nous ": "Le fait que les dépôts soient transformés en investissements financiers pourrait, certes, à court terme rapporter davantage aux épargnants, mais au niveau systémique, on fait augmenter la bulle des marchés financiers et on fragilise la base sur laquelle les banques sont assises. On rend non seulement la probabilité, mais le choc d’une prochaine crise financière encore plus fort".


Dix ans après la crise, pour elle, on n’a donc toujours pas retenu les leçons et on continue de s’exposer aux risques du marché.

Autre tendance dans le secteur, pour assurer leurs crédits hypothécaires, les banques risquent d’exiger plus de fonds propres de la part de l’emprunteur, une mesure de prudence pour se protéger d’un éventuel nouveau choc immobilier. 

C’est une recommandation chez nous de la Banque Nationale mais pour Aline Farès, ça donne beaucoup de pouvoir à ces banques, alors que pour elle le problème est ailleurs: "Les revenus individuels sont insuffisants pour permettre aux gens d’accéder à un logement et de vivre dans des conditions confortables. Du coup, la seule possibilité serait l’accession à la propriété, sauf que cette accession à la propriété, ce n’est pas la société qui en décide, ce sont des banques, dont les intérêts vont dans un certain sens, qui est la maximisation du profit pour leurs actionnaires".

Pour éviter ça, elle plaide our des banques attentives à l’intérêt collectif plutôt qu’à leurs actionnaires... alors que le gouvernement s’apprête à privatiser une partie de Belfius, sans doute autour d’un tiers, pour récupérer son argent et réduire la dette belge. A priori, bonne opération, mais mauvais calcul pour Aline Farès: "Belfius n’est pas juste une banque, Belfius c’est 90 milliards de crédits qui sont octroyés à l’économie belge : 30 milliards aux communes, 30 milliards aux entreprises et 30 milliards aux particuliers. Avoir le pouvoir de décider qui va recevoir cet argent, quels projets seront financés et lesquels ne le seront pas est un pouvoir immense. Pourquoi est-ce qu’on remettrait ce pouvoir au privé ? Tous les Belges ont payé pour acheter cette banque, ce n’est pas en en revendant une partie, en en perdant le contrôle et en la mettant encore plus dans une logique de marché qu’on va résoudre le problème de la dette publique en Belgique."
 

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