Bekaert licencie, la Flandre réclame ses subsides, le secteur est en danger

Bekaert à Aalter
Bekaert à Aalter - © Kurt Desplenter (belga)

Le député SP.a au Parlement flamand, Bart Van Malderen, a rappelé jeudi que Bekaert avait bénéficié ces cinq dernières années de 16 millions d'euros de soutien à l'innovation. Il demande donc le remboursement de ces aides.

La Flandre politique, sous le choc, s'empare du sujet. Le Ministre-président, Kris Peeters, se dit optimiste, estimant que ces travailleurs hautement spécialisés retrouveront facilement du travail, ce qui n'est l'avis ni des travailleurs eux-mêmes ni des syndicats.

Le message de Bart Van Malderen a aussi été entendu chez le Ministre-président, Kris Peeters, qui va voir comment ces subsides pourraient revenir.

Outre ces 16 millions de soutien à l'innovation, Bekaert a aussi reçu un million de soutien pour la formation. Cet argent pourrait revenir.

Il y aussi le chapitre réduction d'impôts

Selon la Libre Belgique et le Morgen qui citent une étude du PTB, le Parti des Travailleurs de Belgique, Bekaert n'a pas vraiment payé beaucoup d'impôts.

Le centre de coordination de Bekaert n'a pas payé d'impôts en 2010 grâce aux intérêts notionnels c'est-à-dire, en gros, un système qui permet de déduire un intérêt fictif des bénéfices imposables.

Ces intérêts notionnels avaient d'ailleurs fait changer la direction d'avis. Elle avait menacé de déménager son quartier général.

L'énergie solaire, un secteur est en pleine déconfiture

Après avoir connu des croissances folles, l'industrie photovoltaïque est en train de piquer du nez en Europe. Et Bekaert en est un acteur important: il est leader dans la fabrication des fils à scier les plaques de silicium (c'est la matière qui compose les cellules placées dans les panneaux solaires). Aujourd'hui l'industriel est étranglé, il a donc décidé de rayer de la carte, d'un seul coup, toute sa production de ces précieux fils.

Qu'est-ce qui est à l'origine de cet effondrement du marché solaire?

Deux choses: tout d'abord la demande a chuté en Europe. On installe moins de panneaux solaires parce que les gouvernements ont réduit ou supprimé leurs subventions. Et dans le même temps, l'offre de panneaux a explosé dans le monde parce que la Chine s'est équipée à toute allure. Il y a surcapacité comme on dit. Moralité, les prix s'effondrent. Nos industriels n'hésitent d'ailleurs pas à parler de concurrence déloyale.

Il y a déjà eu d'autres faillites dans le secteur photo voltaïque

Particulièrement en Allemagne où Solon et Solar Millénium ont déposé le bilan tandis qu'un autre grand acteur, Q Cells est proche du dépôt ce bilan.

En France, c'est Photowat qui cherche un repreneur.

Et la situation n'est pas meilleure aux États-Unis où trois grandes sociétés ont fermé boutique l'an dernier, au point que Barack Obama a déposé plainte à l'OMC contre la Chine. La fédération européenne de l'industrie photovoltaïque ne cache pas son inquiétude pour l'avenir.

Une politique industrielle, ce qui fait défaut en Europe

L''Europe n'a jamais considéré l'industrie comme une priorité. Et on, commence à s'en mordre les doigts sur le terrain. La réindustrialisation est devenue un thème de campagne présidentielle en France. Le cas Bekaert montre qu'il y a urgence à agir en Belgique aussi.

Michel Lagase et Françoise Gilain



Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK