Basket en soie d'araignée, pneu en pissenlit, casque en bois: l'Allemagne va dépenser 3,6 milliards dans la bioéconomie

La ministre allemande de la Recherche Anja Karliczek présente une basket en soie d'araignée.
La ministre allemande de la Recherche Anja Karliczek présente une basket en soie d'araignée. - © BMBF

Le gouvernement allemand a adopté mercredi un plan d'action sur la bioéconomie doté de 3,6 milliards d'euros en cinq ans pour valoriser des ressources durables entrant dans des produits courants, en remplacement d'énergies fossiles comme le pétrole. Ce plan prévoit entre autres de soutenir plus d'un millier de projets dans la bioéconomie, sous le pilotage des ministres de la Recherche Anja Karliczek et de l'Agriculture Julia Klöckner. Le budget alloué couvre la période de 2020 à 2024 et se répartit à raison de 2,5 milliards d'euros pour l'agriculture et un peu plus d'un milliard côté recherche.

"Alors que nous devons importer beaucoup de matières premières fossiles, les renouvelables se développent au coin de la rue: sur nos prés, les champs et dans les bois", a souligné Mme Klöckner devant la presse. La bioéconomie utilise notamment des plantes, micro-organismes et champignons, à partir desquels sont développés des produits chimiques, médicaments et autres matériaux entrant dans des biens de consommation, au lieu de les tirer du gaz ou du pétrole.

Des produits économiquement compétitifs

Les deux ministres ont vanté quelques exemples de produits issus de la bioéconomie comme un pneu fabriqué à partir de pissenlit, une porte de voiture en fibre de lin au lieu de fibre de carbone, une basket en soie d'araignée synthétique, jusqu'à un casque de vélo très léger en bois. "Les bioproduits durables seront économiquement compétitifs à long terme", assure Mme Karliczek, en raison notamment de la hausse progressive de la tarification de la tonne de CO2 inscrite dans le plan de protection du climat récemment adopté par le gouvernement.

Il s'agira aussi d'éviter des situations de "conflits", a prévenu Mme Klöckner, car "la demande croissante de matières premières renouvelables ne doit pas mettre en danger la sécurité alimentaire". Un pareil plan destiné à valoriser la bioéconomie a été présenté en France début 2018 par le ministère de l'agriculture.

 

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