Baisse historique des commerces vides dans les centres-villes de Wallonie

Alors que les cellules commerciales inoccupées dans les centres-villes wallons ne cessaient de progresser de manière continue depuis de nombreuses années, leur nombre a connu en 2021 une diminution aussi importante que soudaine, selon les derniers chiffres publiés par l'Association du management de centre-ville (AMCV). Le taux moyen de cellules vides en Wallonie, qui était encore de 19,9% en 2020, est ainsi retombé à 17,2% (-2,7%). Une telle baisse n'avait encore jamais été observée depuis la parution du premier baromètre sur le sujet il y a près de 25 ans. 

"C'est tout à fait extraordinaire" s'exclame Jean-Luc Calonger, le directeur de l'AMCV, "Autant la hausse se faisait pourcent par pourcent chaque année depuis 1997, autant ici c'est la première fois qu'on a une diminution aussi forte du nombre de cellules vides, c'est hors normes".

Alors que certaines grandes villes réputées pour leur dynamisme commercial enregistrent au contraire une légère hausse (Liège +0,9%, Namur +0,6%), c'est surtout dans les villes de taille moyenne que la baisse est la plus significative, comme Arlon (-5,3%), Hannut (-4,8%), Nivelles (-4,2%) ou encore Ciney (-4,1%). Les grandes villes ont un peu plus souffert que les autres du confinement et du télétravail, parce qu'elles n'ont plus pu compter sur le passage des travailleurs et des touristes. Les navetteurs sont restés chez eux et ce sont les plus petites villes qui en ont profité" explique Jean-Luc CalongerCharleroi (-0,7%) et surtout Mons (-5,7%) semblent avoir mieux résisté et font figure d'exception parmi les villes de grande taille. 

Moins de succursales, plus d'indépendants

Ce rebond dans l'occupation des centres-villes serait principalement dû à l'émergence de nouveaux profils de commerçants, plus engagés dans la qualité de leurs produits : "Ce sont, par exemple, des gens qui ont déjà une longue carrière derrière eux et qui décident de se consacrer à leur passion, ou alors des entrepreneurs qui ont créé leur activité sur internet et qui décident de se lancer dans le physique. Certains d'entre eux se sont dirigés vers une activité commerciale de niche, de forte qualité, axée sur le développement durable, l'économie circulaire, donc plus du tout dans une logique 'je vends le moins cher possible pour vendre à un maximum de clients'. C'est une offre commerciale différente qui est en train de se développer en ce moment dans les centres-villes de Wallonie et c'est une tendance lourde qu'on observe également dans les régions et les pays voisins". 

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