Aviation: l'UE s'organise pour faire face à la concurrence du Golfe et d'Asie

Aviation: l'UE s'organise pour faire face à la concurrence du Golfe et d'Asie
Aviation: l'UE s'organise pour faire face à la concurrence du Golfe et d'Asie - © LEON NEAL - AFP

La Commission européenne dote le secteur de l'aviation d'une nouvelle stratégie pour mieux faire face à la concurrence des Etats du Golfe ou d'Asie. L'institution a adopté lundi un important paquet de mesures pour mieux équiper le secteur, comportant aussi une série de propositions pour négocier des accords aériens avec les pays du Golf, de l'ASEAN, la Turquie, la Chine, le Japon et le Mexique et l'Arménie.

L'aviation européenne est confrontée à "une concurrence beaucoup plus rude", a attesté le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, lors d'une conférence de presse. "Ce paquet vise à renforcer la compétitivité du secteur grâce à des mesures qui permettent un marché de l'aviation plus performant en interne et d'ouvrir des débouchés sur des marchés extérieurs", a-t-il expliqué.

Une stratégie européenne

La nouvelle stratégie consiste donc largement à repositionner l'aviation européenne sur la scène internationale, a expliqué sa collègue responsable des Transport, Violeta Bulc. "Pour garantir que l'UE reste un leader mondial dans le secteur de l'aviation, nous voulons créer des relations dans de nouvelles parties du monde pour y exploiter de nouveaux marchés".

La commissaire a l'ambition de créer de la sorte "un cadre réglementaire clair, juste et stable avec des accords d'ensemble entre l'UE et les autres régions du monde", alors que certains pays tiers ne disposent pas de lois sur la compétition ou les aides d'Etats garantissant une concurrence loyale, souligne son institution.

La stratégie européenne pour l'aviation propose notamment de négocier des accords aériens avec les pays du Golfe, de l'ASEAN, la Turquie, la Chine, le Japon et le Mexique et l'Arménie. "Avec une clause de saine concurrence, nous pourrons résoudre la plupart de nos difficultés", a souligné la commissaire Bulc précisant que les aspects liés à la réciprocité, aux droits des passagers et des travailleurs ou encore la gestion du trafic aérien seront aussi inclus. Une fois signés, ces accords devraient couvrir 75% des passagers voyageant depuis et vers l'UE, soit 240 millions de passagers par an, estime l'exécutif européen.

Régler les problèmes de capacité

Le secteur aérien occupe en Europe 2 millions de personnes et pèse plus de 110 milliards d'euros. Le trafic sur le continent devrait atteindre 14.4 millions de vols en 2035, soit deux fois plus qu'en 2012.

Le plan d'action de la Commission se penche donc aussi sur les problèmes de capacité des aéroports, et recommande à nouveau aux Etats membres de compléter le Ciel unique européen. La communication préconise aussi d'alléger les mesures de sécurité aéroportuaires grâce aux nouvelles technologies ou la suppression du second contrôle des bagages et des passagers pour les vols avec une connexion en Europe en provenance d'un Etat tiers appliquant des standards de sécurité équivalents à l'UE.

Enfin, la Commission européenne propose de prévoir un cadre législatif pour les drones garantissant "un bon équilibre en la sécurité, la sureté et la protection des données", a indiqué Mme Bulc.

La Fédération européenne de travailleurs du transports (ETF) a critiqué que la nouvelle stratégie ne contienne pas de propositions contraignantes pour améliorer la situation sociale dans le secteur aérien, notamment pour les emplois précaires et atypiques, ou lutter contre dumping social.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK