Automobiles, fromages, pharma : que prévoit l'accord entre l'UE et le Mercosur ?

Que prévoit l'accord entre l'UE et le Mercosur ?
Que prévoit l'accord entre l'UE et le Mercosur ? - © TOBIAS SCHWARZ - AFP

Le texte qui vient d’être conclu va permettre d’accroître les échanges commerciaux entre les deux régions. Il instaure l’élimination de nombreux droits de douane, une reconnaissance des "indications géographiques" ou encore une sécurité alimentaire assurée. Les agriculteurs européens se disent inquiets, Emmanuel Macron, le président français, parle d’un "bon" accord mais se dit "vigilant".

 

L’élément essentiel de cet accord de libre-échange est la baisse drastique des droits de douane. Les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) s’engagent à éliminer 91% des droits de douane sur des produits européens, tandis que l’Union européenne supprimera en retour 92% des taxes sur des produits sud-américains.

Le Mercosur va progressivement éliminer ses taxes sur des produits industriels comme les voitures, les équipements industriels ou encore les produits pharmaceutiques. Même chose pour les produits agricoles, notamment le vin, les chocolats ou les olives. Quant aux fromages et aux produits laitiers européens, ils bénéficieront de "larges quotas" sans taxes, comme l’assure le commissaire européen à l’agriculture, Phil Hogan.

Une quantité inédite de produits agricoles sud-américains va arriver sur le marché européen, via des quotas : 99.000 tonnes de bœuf par an à taux préférentiel (7,5%), un quota supplémentaire de 180.000 tonnes pour le sucre et un autre de 100.000 tonnes pour les volailles.

Par ailleurs, le Mercosur s’engage à respecter et à protéger 357 "indications géographiques" européennes comme le jambon de Parme, le champagne, le porto ou le whisky irlandais. L’UE protégera également certaines appellations d’Amérique du Sud comme la cachaça brésilienne ou le vin argentin de Mendoza.

En termes de santé, la Commission européenne certifie que les normes de sécurité alimentaire en vigueur sur le Vieux Continent ne changeront pas, qu’il s’agisse des produits européens ou des produits importés. Le "principe de précaution" est d’ailleurs évoqué dans le texte.

Outre le respect explicité de l’accord de Paris sur le climat, ce nouveau traité ouvrira les marchés publics des pays du Mercosur aux entreprises européennes.

Inquiétudes des agriculteurs européens

Cette ouverture est perçue comme de la concurrence déloyale par les agriculteurs européens, qui ont protesté contre cet accord depuis plusieurs mois. Le Copa-Cogeca, principal syndicat agricole dans l’UE, dénonce aujourd’hui "une politique commerciale à double standard", qui accroît "le fossé entre ce qui est demandé aux agriculteurs européens et ce qui est toléré des producteurs du Mercosur". La Commission européenne leur promet "une aide financière" jusqu’à un milliard d’euros "en cas de perturbation du marché", selon Phil Hogan.

Le président français Emmanuel Macron a déclaré, en marge du G20 à Osaka, que "cet accord est bon à ce stade, il va dans la bonne direction mais nous serons très vigilants". Il a ajouté vouloir "lancer une évaluation indépendante" de ce pacte.

Rencontre entre les leaders européens et ceux du Mercosur présents au G20 d'Osaka (Macri et Bolsonaro)

Extraits de la déclaration du président de la commission européenne Jean-Claude Juncker (anglais) à Osaka ce 29 juin : "Il s'agit d'un accord historique pour un certain nombre de raisons. Premièrement, par sa taille même. L'accord conclu aujourd'hui créera un espace de libre échange couvrant 760 millions de personnes, rapprochant deux continents, et ce dans un esprit d'ouverture et de coopération." "Cet accord se veut être un message concret en faveur d'un commerce ouvert, juste, durable et fondé sur des règles, car le commerce crée de bons emplois pour toutes les personnes concernées."

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