Automatisation: "Certains métiers vont beaucoup évoluer, mais pas disparaître"

Automatisation: "Certains métiers vont beaucoup évoluer, mais pas disparaître"
Automatisation: "Certains métiers vont beaucoup évoluer, mais pas disparaître" - © ANDREAS SOLARO - AFP

Nos emplois vont-ils disparaître avec l'irruption massive d'une nouvelle génération de robots, réputés plus agiles et plus intelligents que les générations précédentes ? Différentes études plus ou moins catastrophistes ont annoncé la disparition de dizaines de millions d'emplois dans les économies occidentales. Mais d’après Nicolas Vanhaezebrouck, professeur à Solvay, c’est un point de vue trop alarmiste, un peu dépassé.

Nicolas Vanhaezebrouck en est persuadé ; beaucoup de métiers vont changer, évoluer. Mais ils ne vont pas disparaitre : " Quand on décompose une occupation en tâches et qu'on regarde l'automatisation de chaque tâche, on se rend compte que dans tout le job, il y a une partie des tâches automatisable et une partie des tâches qui ne l'est pas. Et donc, on va avoir une transformation du contenu de chaque occupation. On va faire un peu moins de tâches répétitives, qu'elles soient intellectuelles ou manuelles, et on va faire un peu plus de tâches qui demandent de la créativité, du jugement et de l'empathie, par exemple ". 

Malgré tout, il admet que les grands changements technologiques ont un impact sur le nombre de personnes exerçant un même métier : "Au travers des différentes révolutions industrielles, il y a beaucoup de métiers qui ont perdu énormément en importance. On pense évidemment d'abord à l'agriculture qui occupait 80 à 85 % de la population il y a un siècle et demi, et qui n'occupe plus que 2 % de la population aujourd'hui. Mais le métier d'agriculteur n'a pas disparu pour autant. Il a simplement radicalement changé du fait de la mécanisation et de la technologie". 

Savoir s'adapter pour rester dans la course 

Dans ce contexte où les métiers évoluent, les compétences requises évoluent également. Parfois très vite. C’est ainsi qu’on peut constater que les compétences que nous avons acquises sont de plus en plus vite obsolètes. D’où une nécessité de se recycler beaucoup plus souvent.

"On avait des estimations il y a encore une vingtaine d'années qui disaient qu'en moyenne, les compétences qu'on acquiert typiquement dans les écoles supérieures ou à l'université étaient valables 10 à 15 ans, affirme Nicolas Vanhaezebrouck. Aujourd'hui, on est tombé à 5 ans. Donc on pense que ce que vous apprenez à l'université ou à l'école va vous être véritablement utile pendant 5 ans. Puis après il faudra se recycler". 

Comme tout le monde n’est pas autodidacte, ce recyclage sous-entend de nouvelles formations. Et c’est là, estime le professeur, qu’un problème se pose : "Le souci, c'est que globalement, notre société n'est pas encore outillée pour faire face à ce besoin massif de formation. Certes, il existe pas mal de systèmes de formation continue, mais en moyenne, il bénéficie surtout à ceux qui sont déjà les plus qualifiés. Il va donc falloir trouver des moyens supplémentaires, des moyens importants pour financer un système de formation continue à grande échelle".

 

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