Augmenter les frais d'inscriptions pour les étudiants étrangers? Tentant pour les universités belges

Augmenter les frais d'inscriptions pour les étudiants étrangers? Tentant pour les universités belges
Augmenter les frais d'inscriptions pour les étudiants étrangers? Tentant pour les universités belges - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

C'est une industrie vraiment pas comme les autres : l’industrie des études supérieures. Car les universités du monde entier se livrent une concurrence féroce pour attirer les quelque 5 millions d’étudiants qui choisissent de compléter leur cursus à l’étranger.

Ils sont 5 fois plus nombreux qu’il y a 30 ans. La mobilité internationale des étudiants s’est envolée avec la mondialisation. Les principaux pays d’accueil sont, sans grande surprise, les États-Unis, l’Australie, le Royaume-Uni ou encore le Canada, pays anglophones. Et pour ces pays, explique Michel Beine, professeur d’économie à l’Université de Luxembourg et auteur d'une étude sur cette question dans la revue Regards économiques, c’est devenu un gros business. Il cite l’Australie.

"Dans certaines universités et dans certaines disciplines, par exemple comme l’économie et le management, vous avez des programmes où vous avez plus de 50 % d’étudiants étrangers et ces étudiants étrangers payent des droits d’inscription très élevés, 3 fois les droits d’inscription d’étudiants domestiques qui payent déjà des droits d’inscription nettement plus élevés qu’en Belgique. Donc, pour vous donner une idée, un Bac en éco dans une université comme l’université Australian National University de Canberra, qui est à peu près au même niveau dans les classements internationaux que l’Université de Louvain ou l’ULB, ça coûte 25 000 euros."

Jusqu'à 4000 euros en Belgique pour les étrangers

Chez nous, c’est un peu plus de 800 euros, même si, c’est vrai, pour les étudiants étrangers hors Union européenne, ça peut aller jusqu’à 4000 euros environ.

Financièrement, nos universités auraient donc intérêt elles aussi à augmenter les droits d’inscription pour les étudiants étrangers hors Union européenne. C’est même très tentant car les universités belges ont un besoin criant de ressources supplémentaires, ne serait-ce que pour maintenir leur rang au niveau international. C’est pour cette raison que Michel Beine soutient l’idée d’une hausse des droits d’inscription pour les étudiants non européens, mais avec une balise très claire.

"Je supporte cette idée-là à condition que ce soit exclusivement investi dans l’augmentation de la qualité des universités. Il ne faut pas que ce soit un substitut à un financement public."

Avec cet argent supplémentaire, dit-il, nos universités pourraient améliorer la qualité de leurs infrastructures, revaloriser le personnel scientifique et académique, mieux encadrer les doctorants et encore donner un coup de pouce bien utile au fonds de recherche.

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