Aston Martin fait une entrée mitigée en Bourse à Londres

Andy Palmer, le directeur général d'Aston Martin (au centre), en compagnie de son directeur financier, Mark Wilson (à gauche), à la Bourse de Londres, le 3 octobre 2018
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Andy Palmer, le directeur général d'Aston Martin (au centre), en compagnie de son directeur financier, Mark Wilson (à gauche), à la Bourse de Londres, le 3 octobre 2018 - © Tolga AKMEN

Le constructeur de voitures de sport Aston Martin, rendu célèbre par James Bond, a commencé à vrombir en Bourse à Londres mercredi avec une valorisation de plus de 4 milliards de livres, mais recevant un accueil prudent des investisseurs.

Cette opération, l'une des plus attendues de l'année à Londres, est la plus importante dans le secteur automobile depuis celle du fabricant de voitures de luxe Ferrari à Wall Street en 2015.

Aston Martin fait figure d'exception au Royaume-Uni, puisque non seulement il devient le seul groupe automobile coté à la Bourse de Londres, mais il est également l'un des très rares constructeurs purement britanniques.

Les investisseurs semblaient toutefois faire la fine bouche, puisque le titre enregistrait une forte baisse sur le marché, perdant 4,02% à 18,24 pence vers 07H45 GMT.

Il évoluait donc bien en dessous de son prix d'entrée en Bourse fixé à 19 livres (21,3 euros) par action, soit dans le milieu de la fourchette espérée, ce qui lui octroyait une valorisation de 4,33 milliards de livres (4,82 mds euros).

"A court terme, cela pourrait suggérer que les actions ont pu être fixées à un prix trop élevé", compte tenu des performances financières actuelles du groupe, ce qui pousse certains investisseurs à céder leurs titres, relève Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.

Le constructeur, qui a placé 25% de son capital sur le marché, peut espérer une intégration au sein de l'indice vedette de la Bourse de Londres, le FTSE-100, pour peu que son action ne s'enfonce pas davantage.

Cette entrée en Bourse "représente une étape historique pour Aston Martin", "nous sommes ravis de l'accueil positif que nous avons reçu de la part des investisseurs à travers le monde", se félicitait Andy Palmer, directeur général de la société, cité dans un communiqué publié avant l'ouverture.

L'opération prévoit la vente d'actions de la part de ses principaux propriétaires, le fonds italien Investindustrial, les investisseurs koweïtiens d'Adeem Investments et la société d'investissement Primewagon.

Le constructeur allemand Daimler, qui possède 4,9% du capital, conserve en revanche toute sa part et s'est engagé à ne pas la céder pendant au moins un an après l'entrée d'Aston Martin sur le marché londonien.

Le modèle Ferrari ?

Après des difficultés en début de décennie, Aston Martin se porte mieux désormais. Il est même revenu dans le vert en 2017 pour la première fois depuis 2010, vendant plus de 5.000 véhicules, un record depuis 2008.

Il prévoit en 2018 de produire entre 6.200 et 6.400 voitures et veut approcher la barre des 10.000 dès 2020. Ses voitures se sont vendues au prix moyen de 167.000 livres au premier semestre (187.000 euros).

Fondé en 1913 par deux associés dans un atelier londonien, Aston Martin a gagné ses lettres de noblesse en participant très tôt à la compétition automobile, puis grâce à de nombreux films de la série James Bond, au cours desquels Sean Connery (Goldfinger, 1964) ou encore Daniel Craig (Spectre, 2015) ont piloté ses modèles.

Son histoire a été toutefois chaotique, avec pas moins de sept faillites depuis sa création.

Le constructeur produit ses voitures exclusivement en Angleterre, notamment à Gaydon (centre) où il dispose de son siège social, ainsi que sur deux autres sites. Il prévoit d'ouvrir une nouvelle usine au Pays de Galles au premier semestre 2019.

Le constructeur compte s'inscrire dans les pas boursiers de son illustre concurrent italien Ferrari, dont l'introduction sur le marché a été couronnée de succès, en jouant la carte du luxe auprès des investisseurs pour défier un marché automobile britannique déprimé et les incertitudes du Brexit.

"Le calendrier de l'introduction en Bourse présente des risques", relève Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group, qui souligne toutefois que l'acquéreur d'une Aston Martin est prêt à en payer le prix quelles que soient les turbulences traversées par le marché.

Selon M. Lawler, "le statut d'icône de cette marque britannique centenaire, associé à une relative imperméabilité au Brexit et aux tensions commerciales, font de cette cotation une proposition séduisante".

 

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