Assurances: Lloyd's inaugure ses bureaux européens à Bruxelles

Lloyd’s, le leader mondial des assurances, inaugurait ce mardi son bureau bruxellois. C’est en fait une filiale européenne qui doit lui permettre de continuer ses activités sur le continent européen après le Brexit. Depuis 2016 et le vote britannique en faveur du leave, de grandes places boursières européennes comme Francfort, Paris ou Amsterdam ont vu débarquer chez eux des grands acteurs du monde de la finance, des grandes banques.

La Belgique, elle, mise sur les restes, mais parfois de beaux restes. Lloyd’s qui s’installe à Bruxelles, c’est un peu un trophée. Après avoir envisagé cinq villes européennes, dont Dublin et surtout Luxembourg, le géant de l'assurance, fondé au XVIIe siècle, dispose depuis deux petites semaines d’un bureau à Bruxelles, où 50 personnes travaillent.

 La baisse de l’impôt sur les sociétés et le côté ouvert de l’économie belge comme arguments

Cinquante employés qui doivent effectivement permettre à ce leader mondial des assurances, spécialisé entre autres dans la couverture sur mesure, de continuer à opérer sur le continent après la sortie effective définitive du Royaume-Uni hors de l’Union européenne. Après le Brexit, il en sera a priori fini du régime de la libre prestation de services partout dans l’Union, sauf si par exemple un assureur s’installe effectivement dans l’Union européenne.

Mais pourquoi l'entreprise a-t-elle choisi Bruxelles ? La capitale belge n'est pas un pôle majeur du secteur de l'assurance, mais elle est proche de Londres et accueille les institutions européennes. La baisse de l’impôt sur les sociétés, qui passera à 25% en 2020, ainsi que le côté ouvert de l’économie belge sont également des arguments qui ont séduit Lloyd's.

Bruce Carnegie-Brown, président de Lloyd’s, n’a pas hésité une seconde à répondre un oui franc, spontané et très rapide à la proposition bruxelloise. Il semble que les régulateurs des marchés financiers en Belgique (banques nationales et autorités de contrôle, FSMA) aient démontré leur efficacité très rapidement. Ce qui est intéressant dans un contexte post-Brexit, c’est que certaines industries, comme le secteur bancaire, se sont concentrées à Francfort, explique Bruce Carnegie-Brown. Mais ce n’est pas le cas pour les assureurs. Pour les assurances, Bruxelles est un endroit très attractif pour les affaires."

C’est un peu idéaliste de vouloir remplacer Londres

Il faut dire que Bruxelles avait très vite abandonné l'idée d'être une place financière majeure pour les banques : la complexité institutionnelle belge était clairement un frein. Les grands noms bancaires ont préféré s’établir à Francfort, à Amsterdam ou à Paris par exemple. Mais la Belgique assume avoir ciblé un segment en particulier. "Quand quelque chose comme le Brexit arrive, il faut surtout être réaliste, explique Johan Van Overtveldt, ministre des Finances. On peut rêver de remplacer Londres, mais je crois que c’est un peu idéaliste, un peu irréel de rêver de ça. Donc, on s’est immédiatement décidé d’essayer d’être complémentaire vis-à-vis de Londres."

En visant donc une spécialisation dans les assurances, Bruxelles n'entre pas en concurrence de Francfort, Paris ou Amsterdam. Plusieurs noms britanniques de l’assurance ont toutefois déjà élu domicile en Belgique : MS Amlin, QBE, Navigators, pour ne citer que ceux-là. Et, nous dit le ministre Van Overtveldt, deux voire trois entreprises du secteur des assurances devraient encore communiquer leur arrivée à Bruxelles avant la fin de l’année, mais sans préciser lesquelles.

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