Arcelor va produire sa nouvelle gamme d'aciers pour l'auto chez nous

Des équipes de recherche et de développement du groupe, basées à Maizières-lès-Metz (France) et à East Chicago (États-Unis) ont mis au point une nouvelle gamme d'aciers à très haute résistance (AHSS) pour l'emboutissage à froid. Elle permet de réduire le poids des véhicules et ainsi satisfaire aux futures réglementations sur les émissions de gaz d'échappement. Réduire le poids du véhicule d'environ 12 kg permet une économie d'un gramme d'équivalent CO2 par kilomètre. Selon les normes en vigueur dans l'Union Européenne en 2021, l'émission moyenne de la flotte automobile devra se situer à 95 g de CO2 par kilomètre.

Bien qu'offrant une diminution de poids jusqu'à 20% en fonction des pièces, la gamme Fortiform, grâce à ses propriétés supérieures, est capable d'absorber plus d'énergie lors d'un choc même avec moins d'acier. "Ce matériau sera utilisé dans de nombreuses pièces structurelles du véhicule à même d'être affectées par un choc, y compris les éléments de châssis avant et arrière, le pied milieu et les montants de pare-brise", précise ArcelorMittal.

Selon Greg Ludkovsky, vice-président mondial recherche et développement d'ArcelorMittal, le groupe sidérurgique coopère avec les constructeurs automobiles dès les premiers stades de la vie d'un véhicule "pour intégrer les aciers les plus innovants dans leurs designs". "Cela leur permet d'atteindre les objectifs de consommation de carburant sans compromettre la sécurité, le style ou un prix abordable."

Trois nuances d'acier sont prévues. Le premier produit de cette nouvelle gamme à sortir sur le marché, à savoir Fortiform 1050, a déjà été soumis à des tests de formabilité et de soudabilité auprès de constructeurs automobiles internationaux qui ont tous approuvé son utilisation. Les premiers véhicules fabriqués en série à utiliser le nouvel acier sortiront des chaînes en 2017. Deux autres nuances, le Fortiform 980 et le Fortiform 1180, seront mis sur le marché entre 2014 et 2017. La production industrielle de ces deux nuances, prévue à Gand et à Liège, débutera en 2015.

En 2013, ArcelorMittal a investi 270 millions de dollars dans ses activités de recherche et développement, dont plus 30% ont été consacrés au marché automobile.

Arcelor toujours en surcapacité

"Pour être honnête, je pense que nous sommes toujours dans une situation de surcapacité", a cependant expliqué le PDG de la division nord d'ArcelorMittal en Europe, Wim van Gerven, lors d'une rencontre avec la presse à Paris, plus de deux ans après le lancement de mesures de restructuration qui ont conduit, notamment, à la fermeture des hauts-fourneaux de Florange (Moselle).

Selon les chiffres communiqués par le groupe, la demande d'acier en Europe est aujourd'hui de 29% inférieure à celle du pic atteint juste avant la crise de 2008, "soit une différence de près de 60 millions de tonnes", a précisé le même responsable. "C'est énorme", a-t-il ajouté.

"Mais il est vrai que la production n'a pas baissé autant que la demande en Europe grâce aux exportations", a précisé Julian Steer, le chef économiste du groupe, qui s'attend cette année à un rebond "en douceur" de 3 à 4% de la demande d'acier en Europe, au-dessus de la moyenne mondiale qui devrait se situer entre 3 et 3,5%, pénalisée par la faiblesse de la croissance chinoise et les reculs dans les émergents comme le Brésil ou la Russie.

Belga

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