Après l'incendie de l'Innovation, des normes de sécurité ont été mises en place

Après l'incendie de l'Innovation, des normes de sécurité ont été mises en place
Après l'incendie de l'Innovation, des normes de sécurité ont été mises en place - © BELGAIMAGE

Il y a cinquante ans, le grand magasin de la rue Neuve, l'Innovation, symbole de la modernité, était détruit par les flammes. Bilan : 251 morts. Un choc pour les assurances à l'époque, qui a conduit à la mise en place de normes de sécurité.

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Avec cet incendie, les assurances découvrent qu’il n’existe quasiment aucune norme en Belgique. À l’Innovation par exemple, il n'y avait pas de porte coupe-feu, les extincteurs ne fonctionnaient pas, les escaliers de secours étaient en bois.

Toutes les assurances de Belgique ont eu une prise de conscience: de nombreux bâtiments étaient aussi vulnérables que l'Innovation.

La vague de choc s’est propagée à l’étranger car les assurances de l’Innovation, celles des familles de victimes, sont elles-mêmes assurées par des grosses compagnies internationales. Il y a des dizaines de ce qu’on appelle des éco-assureurs partout dans le monde. Lloyd’s, par exemple, à Londres, a été particulièrement touché, et donc, par ricochet, l’Inno a eu des conséquences sur le marché international.

Des normes plus strictes

Les primes ont augmenté dans les mois qui ont suivi. Deuxième réaction, certaines compagnies ont carrément quitté la Belgique, car, pour elles, c'était devenu un marché trop risqué. Après l’Innovation, il y a eu d’ailleurs plusieurs grands magasins qui se sont retrouvés sans assurance.

Et puis, et surtout, les assurances ont commencé à exiger des normes de sécurité. Principalement, ce qu’on appelle les sprinklers, ces petites têtes arroseuses qu’on met dans les plafonds et les faux plafonds et qui diffusent de l’eau automatiquement.

Des normes ont aussi été exigées pour les matériaux de construction, pour les sorties de secours, pour l’architecture aussi- fini les grandes verrières qui ont un effet cheminée comme à l’Innovation- des portes coupe-feu pour compartimenter les bâtiments et circonscrire l’incendie.

Et puis surtout, pour coordonner tout ça, pour contrôler ces nouvelles normes, les assurances créent ensemble une ASBL, elle s’appelle ANPI, elle existe toujours aujourd’hui et pour son directeur, Alain Verhoyen, c’est clair, l’Innovation a complètement changé les conditions d’accès aux assurances incendie. "Ça a été un choc dans le sens où par la suite ANPI a été amené à créer énormément de documents, de référentiels que les assureurs ont intégrés dans leurs conditions d’assurabilité".

Pour être assuré, désormais il faut être aux normes et c’est sans doute ça qu’il faut retenir de cette catastrophe, en tout cas du point de vue des assurances. Ce sont elles les premières qui ont imposé les normes de sécurité et qui ont rendu les grands bâtiments plus sûrs en Belgique.

Reportage chez les pompiers dans le JT de 13h:

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