Ann Nachtergaele (Fevia): "La tendance est à une diminution de la quantité d'emballages que les entreprises mettent sur le marché"

Les sacs en plastique à usage unique pour les fruits et légumes sont interdits depuis le 1er mars dans les magasins de Bruxelles et de Wallonie. Dans le même temps, l’industrie alimentaire belge vient de communiquer sur sa stratégie de réduction des emballages.

Ces entreprises alimentaires génèrent 2,4 millions de tonnes d’emballages par an. C’est énorme, mais globalement stable, selon la fédération patronale du secteur, Fevia. Stable, alors qu’entre 2004 et 2018, le volume des produits alimentaires mis sur le marché en Belgique a augmenté de 31%.

La question des emballages, c’est le domaine de Ann Nachtergaele, la directrice environnement et énergie chez Fevia: "La tendance est à une diminution de la quantité d’emballages que les entreprises mettent sur le marché ", dit-elle. Et elle poursuit : "Ça se fait sans que le consommateur s’en aperçoive. Ce sont des diminutions par-ci par-là de quelques centimètres, de quelques grammes, des évolutions vers des emballages réutilisables pour tout ce qui est emballages industriels. Et ça se fait grâce à des investissements assez importants dans les entreprises, où elles doivent changer leur ligne de production, elles doivent évoluer à la conception de leurs emballages, ce qui ne se fait pas de manière si évidente que cela. Il y a donc toute une série d’investissements importants qui sont réalisés dans les entreprises, qui, petit à petit, donnent des résultats impressionnants". Ann Nachtergae avance ce chiffre: "les efforts de l’industrie au fil du temps auraient permis d’économiser cinq kilos d’emballages par Belge par an".

Concrètement, où les entreprises du secteur alimentaire rognent-elles sur les emballages ?

Partout, des films plastiques plus fins sur les barquettes ou pour emballer les palettes, réduction de la taille de l’emballage des paquets de chips, étiquetage directement imprimé sur le plastique au lieu de coller une étiquette, remplacer les emballages à usage unique par des emballages réutilisables.

Le réutilisable est-il la grande tendance dans le domaine des emballages ?

C’est une des grandes tendances, la plus importante pour le secteur étant de faire en sorte que les emballages soient plus recyclables que ce n’est le cas aujourd’hui. Ann Nachtergaele nous explique: "Mettre des emballages sur le marché qui sont plus facilement recyclables, mettre des emballages sur le marché qui contiennent plus de matériaux recyclés, mettre des emballages sur le marché qui sont plus compostables ou biodégradables, mettre des emballages sur le marché qui sont aussi plus réutilisables. C’est un des engagements que nous avons pris il y a deux ans au niveau du secteur. D’ici 2025, tous les emballages qui seront mis sur le marché seront soit recyclables, et effectivement recyclés, soit compostables, soit réutilisables. Et donc, le plan qui a été déposé va dans cette direction-là avec toute une série de mesures… 783 mesures vont dans cette direction-là".

Protéger les aliments

La logique est donc bien d’utiliser moins de matériaux, mais pas de se passer totalement de ces emballages, parce que ces emballages ont aussi pour fonction de protéger les aliments. Ann Nachtergaele: "Protection contre la lumière, protection contre l’oxygène, protection contre toute une série de phénomènes qui pourraient dégrader la qualité du produit et aussi la qualité sanitaire du produit". Ce n’est pas encore de saison, mais pensez par exemple aux fruits rouges les plus fragiles, les framboises par exemple, il vaut mieux qu’elles soient emballées. Idem d’ailleurs pour la viande ou pour les poissons, les fromages et toute une série d’aliments préparés.

Journal télévisé du 02/03/2020

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