AMIA Systems, la start-up qui rend les usines plus efficaces

Optimiser une usine de production industrielle en déplaçant une machine, faire en sorte que les ouvriers marchent moins, que les pièces soient plus proches du stock en sortant de la ligne de montage, c’est le métier de AMIA Systems, un spin-off de l’ULB. « On a développé un programme informatique explique la fondatrice, Emmanuelle Vin. En quelques clics, on représente tous les flux de l’usine sur un plan. Le fait d’avoir un visuel […], d’avoir une vue d’ensemble, permet d’identifier là où ça coince, là où la production n’est pas optimale et de corriger. On peut par exemple se rendre compte qu’une machine n’est pas utile ».

Sortir du « on a toujours fait comme ça »

La start-up intervient surtout dans des usines qui produisent, non pas un produit standardisé, mais une multitude de pièces avec des procédés de fabrications différents : « Une usine industrielle, c’est un ensemble complexe, avec des flux qui vont dans tous les sens, c’est extrêmement compliqué à organiser. Et souvent dans les usines, on court beaucoup. Notre logiciel permet de se poser, de voir rapidement ce vers quoi on peut aller et surtout d’évaluer le gain avant de faire un changement ».

Emmanuelle Vin a vite compris que même pour un opérateur ou un responsable qui connaît très bien son usine, qui connaît ses contraintes, celles de son marché, celles de ses clients, c’est compliqué d’y voir clair et c’est souvent plus facile de faire comme on a toujours fait : « Par défaut, on reste dans ce qui existe. Notre logiciel permet de mettre des choses en lumière et de se dire par exemple, ça n’a pas de sens de mettre notre stock au fond de l’usine, autant le mettre au début de la chaîne. Parfois quand on est trop le nez dedans, on ne voit plus des évidences ».

Des millions d’économie à la clé

Les clients de AMIA sont surtout des industriels : la SNCB, la FN Herstal, ASCO, Thales… Comme les usines sont grosses, les modifications suggérées par le logiciel peuvent vite être importantes : « On a un client qui économie un million d’euros, rien qu’en s’épargnant le déménagement d’une grosse machine. On peut avoir des gains de 30 à 50% des kilomètres parcourus par les pièces ou par les opérateurs. C’est ça l’idée, c’est de mieux utiliser les opérateurs, pour qu’il passe leur temps sur des opérations à valeur ajoutée plutôt qu’à se déplacer ».

La start-up est surtout présente en Belgique, elle se développe aujourd’hui en France, au Maroc et développe la consultance à distance pour accompagner les usines-clientes par internet.

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