Airbnb tente de prendre racine en Belgique

Philippe Coulon, le nouveau Directeur du site communautaire en Belgique se dit déçu par les complexité de la législation belge et surtout bruxelloise.
Philippe Coulon, le nouveau Directeur du site communautaire en Belgique se dit déçu par les complexité de la législation belge et surtout bruxelloise. - © ERIC LALMAND - BELGA

Le site communautaire de réservation en ligne Airbnb annonce une forte croissance en Belgique et, du même coup, la nomination d'un directeur général pour la Belgique.

Jusqu'à présent, l'expansion en Belgique du site communautaire américain était gérée depuis Paris. Mais le succès aidant, il était devenu nécessaire de disposer, chez nous, d'un relais belgo-belge. Philippe Coulon, le nouveau Directeur du site communautaire en Belgique, dit constater une accélération des activités Airbnb dans notre pays.

Le nombre de logements disponibles sur le site a doublé depuis l’année passée assure le nouveau patron belge: "Nous sommes, aujourd’hui, à 10 400 listings disponibles. La croissance est répartie entre la Flandre, Bruxelles et la Wallonie. Effectivement une croissance assez forte."

Et, en toute logique, ce sont les villes qui se sont développées en premier : "On a d’abord vu un mouvement dans les grandes villes comme Paris, Berlin, Londres. Bruxelles a commencé l’an passé à croître très fortement. On voit d’abord un développement effectivement dans les grandes villes touristiques : Gand, Anvers et Bruxelles. Et puis on voit aussi un développement à la Côte et dans les paysages un peu plus ruraux."

Bruxelles en tête

La moitié des 350 000 touristes qui ont loué un bien en Belgique via Airbnb au cours des douze derniers mois ont choisi Bruxelles, 40% des touristes ont choisi la Flandre, essentiellement Gand, Anvers et Bruges, 10% ont choisi la Wallonie.

La motivation principale des gens qui donnent leur logement en location est financière. Dans un cas sur deux, le premier argument avancé est d’arrondir ses fins de mois. Selon Airbnb, les hôtes belges louent leur bien en moyenne 36 jours par an et rapportent, en moyenne toujours, un revenu de 2300 euros par an, sachant que les hôtes versent entre 6 et 12 % de la facture à Airbnb qui en reçoit également 3% des visiteurs.

Et l'administration fiscale dans tout cela ?

Officiellement, le site trouve légitime que la location d’un bien générant un revenu soit taxé. Mais Philippe Coulon reconnaît qu’au final, c’est surtout le problème des hôtes : "De nombreux hôtes se demandent comment déclarer leurs revenus. La plupart du temps ils s’adressent donc à l’administration fiscale pour se renseigner. De notre côté, en tant que plateforme, nous leur disons qu’il y a un aspect qualitatif. On leur mentionne des lignes directrices. Ensuite, c’est à eux de voir comment faire."

Dura lex… mais c’est complexe

L’autre front est celui de la réglementation. Les choses sont en train de bouger à Bruxelles où l’on ne pourra bientôt plus louer n'importe quoi n'importe comment sur Airbnb. Ce qui gêne l'entreprise. "Bruxelles a voté une ordonnance et les arrêtés d’exécution gèrent aujourd’hui les aspects plus pratiques. Nous sommes contents que la Région Bruxelles-Capitale s’occupe du sujet et essaie d’encadrer les activités du type Airbnb, mais aussi les autres types de logements. Nous regrettons la complexité prévue aujourd’hui dans la loi. Notamment dans les procédures d’enregistrement. Nous restons toujours ouverts pour expliquer à la Région de Bruxelles-capitale comment ça fonctionne."

"La complexité nous paraît disproportionnée pour une activité purement occasionnelle. A Bruxelles, on parle de location de trois à quatre jours par mois. Il s’agit bien d’une location occasionnelle qui rapporte 200 euros en moyenne. Il nous paraît disproportionné, d’avoir une charge administrative trop importante."

Cette concurrence, combinée à celles des maisons d’hôtes, inquiète évidemment le secteur hôtelier, et pas seulement à Bruxelles. Le secteur hôtelier compte environ 17 000 chambres en Belgique et Airbnb représente un peu plus de 10 000 logements. Mais cette offre progresse, aiguisant les craintes des hôteliers. Dernier élément: le SPF Economie a calculé qu’en 2014, le secteur hôtelier avait vendu 32,6 millions de nuitées. Airbnb en annonce un million sur les 12 derniers mois.

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