Air France-KLM se dote d'une présidente intérimaire après la chute de son PDG

Anne-Marie Couderc présidente non-exécutive du conseil d'administration, sera épaulée par un comité de direction collégial en attendant de trouver un successeur à Jean-Marc Janaillac
Anne-Marie Couderc présidente non-exécutive du conseil d'administration, sera épaulée par un comité de direction collégial en attendant de trouver un successeur à Jean-Marc Janaillac - © Tous droits réservés

Le conseil d'administration d'Air France-KLM a nommé mardi Anne-Marie Couderc présidente non-exécutive du conseil d'administration, qui sera épaulée par un comité de direction collégial en attendant de trouver un successeur à Jean-Marc Janaillac, parti sur fond de conflit social.

La gouvernance de transition "devra être la plus brève possible", précise le Conseil.

Ancienne avocate, députée puis ministre de droite sous la présidence de Jacques Chirac, Mme Couderc, 68 ans, a aussi été cheffe d'entreprise, dirigeant le groupe de distribution de presse Presstalis.

Air France est empêtrée dans un conflit social

Elle était administratrice indépendante du groupe franco-néerlandais. Sa nomination comme présidente non-exécutive signifie que la direction opérationnelle du groupe sera largement entre les mains du comité de direction, composé de plusieurs cadres du groupe.

Ces changements surviennent alors qu'Air France est empêtrée dans un conflit social qui a précipité la chute du précédent PDG, M. Janaillac. A la tête du groupe depuis juillet 2016, il avait mis son poste dans la balance du résultat d'une consultation du personnel sur un accord salarial prévoyant 2% d'augmentation immédiate et 5% sur 2019-2021, alors que les syndicats réclamaient plus.

Lors du référendum, dont les résultats ont été publiés le 4 mai et avaient aussitôt été suivis par l'annonce de la démission du PDG, 55,44% des personnels d'Air France avaient voté contre le projet de la direction.

Le rétablissement du dialogue social comme priorité absolue

Une intersyndicale réunissant les organisations de pilotes (SNPL, Spaf, Alter), d'hôtesses et stewards (SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD) réclamait une hausse de 5,1% dès cette année pour compenser la perte de pouvoir d'achat subie, selon elle, depuis la dernière augmentation générale en 2011 et au vu des bons résultats enregistrés par le groupe en 2017.

"La feuille de route du prochain président est claire: le rétablissement du dialogue social comme priorité absolue et en deuxième lieu le rétablissement de la compétitivité", avait indiqué mercredi le ministre de l'Économie Bruno Le Maire ajoutant que l'État souhaitait qu'il "connaisse bien le secteur" et puisse "être à pied d'œuvre tout de suite".

La compagnie est aux prises avec une concurrence de plus en plus agressive de la part des deux autres géants européens - l'allemand Lufthansa et IAG (maison-mère de British Airways et Iberia)- , des low cost européennes sur le moyen-courrier, des compagnies du Golfe et asiatiques et plus récemment de compagnies low cost qui se lancent sur le marché du long-courrier comme la norvégienne Norwegian, l'allemande Eurowings, Level qui fait partie du groupe IAG, ou la française French Bee.

Le personnel d'Air France a observé 15 jours de grève depuis le 22 février qui ont coûté au moins 300 millions d'euros au groupe, selon la direction.

Une perte d'exploitation de 118 millions d'euros pour le premier trimestre

"S'agissant du conflit social en cours au sein d'Air France", le conseil a précisé mardi que "le directeur général d'Air France (Franck Terner, NDLR) n'a pas de nouveau mandat pour prendre des décisions qui remettraient en cause la stratégie de croissance" approuvée par le conseil.

Après des résultats qualifiés de "solides" pour 2017, le groupe a affiché au premier trimestre une perte d'exploitation de 118 millions d'euros, dont 178 millions pour la seule Air France.

L'assemblée générale des actionnaires du groupe devait se réunir à partir de 12H30 GMT.

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