Ahold-Delhaize: "La direction était tout sauf honnête pendant la restructuration"

La nouvelle est devenue officielle ce matin: Ahold et Delhaize vont bien fusionner. 

Les syndicats, qui avaient exprimé des inquiétudes quant au maintien de l'emploi, ont affirmé que la direction de Delhaize les avaient rassurés.

"Le direction s'est montrée plutôt rassurante", note Myriam Delmée, vice-présidente du SETca. La direction a assuré qu'aucun licenciement et aucune révision des statuts ne découlerait de la fusion, ajoute Delphine Latawiec, responsable nationale du secteur commerce à la CNE.

Les représentants des travailleurs resteront cependant vigilants à l'application concrète de la fusion, notamment concernant la logistique et l'administratif. La société combinée Ahold Delhaize aura son siège aux Pays-Bas, tandis que le siège européen de la société combinée sera basé à Bruxelles, ont précisé les deux groupes dans un communiqué.

"La fusion n'aura pas d'impact sur l'emploi, nous dit la direction. Mais cela ne veut pas dire que les choses ne peuvent pas évoluer dans les prochaines années. Nous serons là pour leur rappeler leurs engagements", poursuit Delphine Latawiec. Le personnel reste méfiant à la suite de la restructuration effectuée par Delhaize en Belgique au cours des derniers mois, entraînant le départ de 1800 travailleurs. "On ne nage pas dans un climat de confiance absolue."

Selon Myriam Delmée, cette restructuration préparait en fait la fusion. "Effectivement, on peut se dire que la direction était tout sauf honnête avec son personnel. Parce que vous ne m'enlèverez pas de l'esprit qu'il est impossible de préparer ce genre de fusion sur un mois et demi alors que nous on négociait comme des imbéciles en Belgique".

Concernant les franchisés, la direction de Delhaize a indiqué que ce réseau resterait un pilier pour la nouvelle entité et que la politique en la matière ne changerait pas.

Un syndicat néerlandais pointe les doublons

Mais selon le syndicat néerlandais CNV, les inquiétudes autour de l'emploi concernent surtout les Belges.

Si l'emploi n'est pas menacé à court terme, des doublons vont apparaître notamment au sein des sièges et dans la logistique, considère Michiel Wallaard, directeur du CNV. Selon lui, les Néerlandais ont l'avantage dans le domaine de la logistique, en raison des salaires moins élevés et d'une règlementation plus souple du travail de nuit. 

Une complémentarité entre les deux groupes

Les syndicats belges se disent satisfaits de la complémentarité annoncée par les deux groupes, ainsi que par la volonté de pérenniser Delhaize en Belgique. "Delhaize restera la marque principale en Belgique de la société combinée, et l'enseigne continuera à être dirigée par le bureau de Bruxelles", ont indiqué Ahold et Delhaize dans leur communiqué.

Le conseil de surveillance, l'un des deux organes du conseil d'administration avec le conseil de direction, sera composé de sept membres d'Ahold et sept membres de Delhaize, assurent les deux groupes.

"Si elle est validée, cette fusion ne portera ses effets que dans plusieurs années. Les premières économies d'échelle sont attendues dans trois ans", relève Delphine Latawiec.

Selon les analystes, les deux groupes sont complémentaires, et leur fusion donnerait naissance au cinquième groupe de distribution aux États-Unis, et au quatrième au niveau européen.

Les syndicats vont maintenant porter le message "rassurant" de la direction aux travailleurs.

Présent principalement aux États-Unis, en Belgique et en Europe de l'Est, Delhaize possède notamment la chaîne américaine Food Lion alors qu'Ahold détient l'enseigne Albert Heijn en Europe et la chaîne Stop & Shop aux États-Unis.

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