Agro-alimentaire: des projets wallons porteurs d'avenir

Le son, c'est-à-dire l'enveloppe du grain de blé, offre des propriétés méconnues. C'est pour les utiliser que le projet Valaxson a été porté par le pôle de compétitivté Wagralim
Le son, c'est-à-dire l'enveloppe du grain de blé, offre des propriétés méconnues. C'est pour les utiliser que le projet Valaxson a été porté par le pôle de compétitivté Wagralim - © ARNE DEDERT - BELGAIMAGE

Les secteurs stratégiques de l'économie wallonne sont regroupés en six pôles de compétitivité. Depuis six ans, Wagralim a comme objectif de doper l'innovation de l'industrie alimentaire. C'est un secteur-clé pour le sud du pays d'autant qu'il offre de vraies possibilités de développement.

L’agro-industrie dans le sud du pays représente 21 000 emplois, dont 10 000 dans l'industrie. Le principe des pôles de compétitivité est connu: rassembler autour d'un projet des entreprises de toutes tailles et des centres de recherche universitaires de tous les réseaux avec le soutien des pouvoirs publics. Depuis sa création, Wagralim a bénéficié de 77 millions d'euros de financement, dont 50 par la Région wallonne et le reste via les entreprises. C’est donc une sorte de partenariat public/privé.

Quels résultats?

Au total, 33 projets ont été initiés dont une vingtaine sont terminés. Environ soixante nouveaux produits potentiels ont été développés. Une dizaine sont en phase de commercialisation, plus ou moins avancée. On peut y ajouter 12 projets de formation auquel plus de 7000 personnes ont participé.

Ces résultats ne sont pas spectaculaires, mais ils sont bons dans la mesure où la mise en route de tels projets est laborieuse, où les différents intervenants doivent apprendre à parler le même langage et à viser les mêmes objectifs. Apprend à travailler ensemble, au même rythme, n’est pas toujours évident. Au-delà des résultats concrets, la création de nouveaux réseaux, l'accès à la recherche universitaire pour les PME, les collaborations inter-entreprises sont autant d'acquis.

Vive le son !

Valaxson réunit deux entreprises et deux centres de recherche. Une des entreprises s'appelle Wal-Agri. Cette filiale du groupe flamand AVEVE est implantée à Sombreffe, elle est active dans le négoce des céréales et les fournitures à l'agriculture. Ses responsables ont eu l'idée d'exploiter un sous-produit du blé, le son. Les explications d’Olivier Roiseux, responsable recherche et développement : "Le son c’est en fait la couche extérieure du grain de blé. Classiquement on connaît la farine qui représente 80 % du grain. Le reste, soit 20 %, c’est l’enveloppe. Le son va classiquement en alimentation animale, donc il est sous-valorisé or il contient des molécules à haut valeur ajoutée, de type antioxydants. L’objectif du projet était d’extraire ces molécules pour valoriser leur potentiel physiologique". Le produit mis au point est commercialisable, il reste à obtenir les autorisations légales variables suivant les pays.

Conserver les aliments

Notre second exemple concerne la conservation des aliments. Il réunit deux universités, quatre entreprises et un produit qui a commencé sa mise sur le marché. Les détails par Jean-Christophe Bogaert de Galactic: "Promeat Essential est une combinaison entre des conservateurs naturels à base d’acide lactique et des extraits végétaux. Cette combinaison permet d’offrir aux clients, essentiellement dans le domaine de la viande et des poissons, une solution de fraicheur totale. On garantit à la fois la conservation micro-biologique de l’aliment et sa stabilité dans le temps en termes de couleur, d’odeur et de goût". La mise sur le marché de ce produit a démarré en 2013.

Il existe bien entendu d’autres projets comme une filière d'amélioration du fromage de Herve via "Lait-herbe", un processus qui permettra de mieux valoriser notre lait et notre fromage. Un procédé qui sera donc dans un premier temps testé sur le célébrissime fromage de Herve. "On va d'abord lui donner et lui renforcer toute une série de critères liés à son terroir et notamment à la production de lait à partir d'herbe, du pâturage, explique Eric Walin (directeur de Scar, une coopérative d'aliments pour bétail installée à Herve). On va lui donner également toute une série de différences qui vont améliorer et standardiser, mais vers le haut, son goût et sa typicité. Ça permettra également de pouvoir décliner ce modèle sur d'autres productions fromagères et donc offrir une gamme de différents produits."

Citons également le projet de nutriments 100 % végétaux pour les poissons ou encore une praline de jouvence et des bio-emballages (voir nos compléments audio ci-contre).

C'est l'industrie agro-alimentaire wallonne de demain qui se dessine à travers ces projets portés par Wagralim.

Michel Visart

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