Agriculture, assurances… la Wallonie entre dans la course aux satellites

Agriculture, assurances… la Wallonie entre dans la course aux satellites
Agriculture, assurances… la Wallonie entre dans la course aux satellites - © pixabay.com - PIRO4D - CC0 Creative Commons

Les satellites qui tournent au-dessus de nos têtes sont de plus en plus nombreux, mais aussi de plus en plus précis. Ils permettent de toujours mieux nous guider, mais ils ont aussi des applications beaucoup plus étendues.

Rendre un terrain agricole plus rentable, faciliter le travail d’une compagnie d’assurances après une inondation, ça a l’air très terre à terre… Pourtant, il faut tourner les yeux vers le ciel. Les satellites qui scannent la Terre récoltent des données utiles dans de nombreux domaines. Celles-ci intéressent de nombreux acteurs.

Un exemple parmi d’autre, donné par Michel Stassart, directeur adjoint pour le spatial chez Skywin, le pôle wallon de compétitivité pour l’aéronautique : "L’administration régionale wallonne est une grande consommatrice et commence à devenir de plus en plus consommatrice de ces données satellitaires, mais ça peut être une société en logistique, une société en agriculture, en agronomie ou en agro-industrie, ça peut être des banques, des assureurs… Toutes ces personnes ont besoin de données satellitaires, mais ces données satellitaires, pour le moment, dans leur traitement, comme elles sont tellement nombreuses, coûtent assez cher."

Traitement des données

Trouver l’information utile dans ce torrent de données qui nous vient des satellites n’est pas toujours évident et la solution espérée est d’introduire de l’intelligence artificielle dans ces données, c’est-à-dire de traiter ces données de manière automatisée pour réduire les coûts. Les applications sont multiples. Avoir une vue précise de ce qui se passe sur la Terre.

Benoît Deper est le patron et fondateur d’Aerospacelab, une start-up basée à Mont-Saint-Guibert qui fabrique des satellites et des algorithmes qui permettent d’exploiter les données qui viennent de ces satellites. Il donne un exemple très simple qui concerne l’agriculture. "Ça vous permet de mieux comprendre ce qui se passe dans la parcelle. Si vous avez une pelouse chez vous et que cette pelouse n’est pas suffisamment arrosée, elle devient jaune. […] Avec des capteurs qui permettent de discriminer des nuances de couleurs beaucoup plus fines, on peut sortir des conclusions également beaucoup plus fines en termes de taux d’engrais ingéré par la plante, pesticides, eau…"

Autre exemple : pour des compagnies d’assurances, les données satellitaires permettent à la fois d’évaluer les risques vis-à-vis de zones inondables en ayant une vue précise du terrain, mais aussi, en cas d’inondation, d’évaluer les dégâts presque en temps réel. Et donc de préparer les dossiers avant même d’aller sur le terrain.

Quant à savoir où en est la Wallonie dans cette course au traitement de ces données issues de l’espace, la réponse est contrastée selon Benoît Deper. Les technologies wallonnes seraient très bonnes pour les capteurs et pour le traitement des données et seraient présentes dans quasiment toutes les grandes missions d’envergure, mais les entreprises wallonnes seraient cantonnées à un rôle de fournisseur ou de sous-fournisseur pour des grands acteurs étrangers.

L’ambition est donc de faire émerger un acteur en Wallonie qui ferait de tout, de A à Z, de l’observation de la Terre jusqu’au traitement des données. Et attention, dans ce secteur-là, il y a potentiellement des possibles pépites wallonnes en devenir.

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