Accord sur le nucléaire iranien: la déception des exportations belges vers l'Iran

Le président américain Donald Trump l'a annoncé mardi soir, les Etats-Unis se retirent de l'accord sur le nucléaire iranien. Finalement, il n’y a pas eu de grosse réaction en Bourse après cette annonce, ce qui montre que les marchés s'y était préparé. 

La Bourse de New York a fermé deux heures après l’annonce de Donald Trump, les investisseurs ont donc eu le temps de digérer la nouvelle et Wall Street a clôturé quasiment à l’équilibre.

Les entreprises belges ont profité de cet accord

Cet accord, lui, a eu de gros effets sur l’économie mondiale depuis qu’il a été signé il y a presque trois ans. Il a effectivement relancé les relations commerciales avec l’Iran et créé un nouveau marché. Certains s’étaient frotté les mains, notamment dans notre pays. L’occasion de faire un bilan aujourd’hui.

Premièrement, les entreprises belges ont profité de ce retour de l’Iran dans l’économie mondiale. Les exportations belges vers l’Iran ont augmenté. Aujourd’hui, en tout, on exporte 600 millions d’euros par an, c’est trois fois plus qu’avant l’accord.

Très loin des sommes espérées

Vincent Eiffling, spécialiste de l’Iran à l’UCL, se souvient bien de cet été 2015. Quand l’accord a été signé, tous les investisseurs se sont précipités en Iran et puis presque rien.

"Tout le monde allait en Iran: les Français, les Allemands, les Belges, etc. Tout le monde a été voir et au final personne n’y a été. C’était un peu comme si vous aviez des chevaux dans des starting-blocks qui étaient tout excités à l’idée de se lancer dans une course et une fois qu’on a ouvert les barrières, ils ont regardé à gauche et à droite et ils ont dit : " je n’y vais que si mon voisin y va ". Le problème est qu’il n’y en a pas beaucoup qui y ont été, donc il n’y a pas eu un effet de masse. On est très loin des sommes espérées."

Faire des affaires avec l’Iran est très compliqué et long. Il y a toujours des négociations en cours dans les milieux économiques belges wallons. Et il pourrait bien y avoir des investissements belges encore en cours de discussion qui se concrétiseront là-bas dans les prochains mois.

"Un voile d'incertitudes" 

Il y a donc un gros décalage entre l’enthousiasme que vous décriviez en 2015 et le bilan d’aujourd’hui. Alors pourquoi les Belges ne profitent pas autant que prévu de l’opportunité iranienne? La raison est simple: Donald Trump. Il n’a jamais aimé cet accord et tout le monde craignait ce qu’il a fini par effectivement annoncer.

"Dès la campagne électorale, il a dit qu’il allait jeter cet accord aux oubliettes, que c’était le plus mauvais accord que les États-Unis n’aient jamais signé. Par conséquent, ça a jeté un drap d’incertitude sur la possibilité d’investir en Iran parce qu’il y a une multitude de grands acteurs économiques qui auraient été intéressés par le fait d’investir en Iran, mais qui ont également des intérêts aux États-Unis et qui se disent: " si demain on est amené à choisir entre Washington et Téhéran, on préférera choisir Washington parce que c’est là où on a le plus d’intérêts", précise Vincent Eiffling.

En sortant de cet accord, les États-Unis renforcent "ce voile d’incertitude" sur l’avenir des relations commerciales, ce qui paralyse évidemment les investisseurs belges, les investisseurs européens, donc les concurrents des Américains parce qu’il n’y a rien qu’un investisseur déteste plus que l’incertitude.

600 millions d’euros par an exportés depuis la Belgique

Malgré tout, il est essentiel de signaler que la Belgique exporte pour 600 millions d’euros par an de produits. Ce sont essentiellement des médicaments, des vaccins, des équipements de laboratoire, des équipements de salles d’opération, du verre et du métal, de l’acier particulièrement.

Historiquement, le pays a une longue relation avec l’Iran. C’est la Belgique qui a construit la première ligne de chemin de fer là-bas et qui les a aidés à développer leur réseau postal.

Reportage sur les conséquences du retrait des USA de l'accord avec l'Iran sur les entreprises belges:

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