Accord interprofessionnel 2021-2022 : les syndicats rejettent la marge salariale de 0,4%, les patrons la jugent "irréalisable"

Accord interprofessionnel 2021-2022 : les syndicats rejettent la marge salariale de 0,4%, les patrons la jugent "irréalisable"
Accord interprofessionnel 2021-2022 : les syndicats rejettent la marge salariale de 0,4%, les patrons la jugent "irréalisable" - © ALINE BRUGMANS - BELGA

La CSC, la FGTB et la CGSLB ne peuvent pas souscrire à la marge salariale de 0,4% pour les deux prochaines années, réagit jeudi après-midi le front commun syndical au rapport du Conseil central de l’économie (CCE). Une telle "aumône" est inacceptable pour les travailleurs, estime-t-il. De leur côté, les patrons affirment que ce ne sera déjà pas applicable dans tous les secteurs.

"De nombreux travailleurs n’ont pas arrêté de travailler malgré les circonstances sanitaires difficiles. Une marge salariale ne peut être qu’indicative. Tous les secteurs n’ont pas été touchés de la même manière par la crise. Une norme indicative n’empêchera pas les secteurs d’engager des négociations pour augmenter les salaires de manière responsable, comme ils l’ont toujours fait", préviennent les trois syndicats.

La CSC, la FGTB et la CGSLB dénoncent par ailleurs une nouvelle fois le durcissement de la loi de 1996 sur les salaires, dont "le logiciel est truqué" car il enferme les négociations dans un carcan.

Survie des entreprises

Cette marge salariale "limitée" de 0,4% ne sera certainement pas réalisable dans tous les secteurs, préviennent de leur côté les organisations patronales après la publication du rapport technique en la matière du Conseil central de l’économie.

"Il est aujourd’hui plus que jamais indiqué d’éviter une détérioration brutale de la compétitivité et les pertes d’emplois qui en découlent en cette période particulièrement incertaine où nous sommes confrontés à la plus grave crise économique de l’après-guerre (-7% du PIB)", estiment la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), Unizo, l’Union des classes moyennes (UCM) et le Boerenbond dans une réaction commune.

L’avenir économique dans de nombreux secteurs est à ce point incertain que même cette marge salariale limitée ne sera certainement pas réalisable dans tous les secteurs, mettent en garde ces organisations, pour qui la survie des entreprises et le maintien de l’emploi constituent la priorité dans les circonstances actuelles. Le cadre exceptionnel requiert des mesures exceptionnelles pour prévenir des dommages économiques structurels plus importants encore, avancent-elles.

Sur la base de ce rapport, les organisations patronales du Groupe des 10 se disent prêtes à s’asseoir, dans les prochains jours, à la table des négociations avec les syndicats pour "rechercher de manière constructive des solutions susceptibles de sauvegarder la compétitivité de nos entreprises et de sauver le plus grand nombre d’emplois possible".

"Cet objectif, si nous l’atteignons, ainsi que les nombreuses mesures adoptées par le gouvernement pour préserver le pouvoir d’achat des ménages nous permettront de sortir progressivement de la crise économique dans le courant de 2022", concluent la FEB, l’Unizo, l’UCM et le Boerenbond.

 

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