Accises sur l'alcool: pas favorables aux finances de l'Etat ni à la santé des Belges, selon le secteur

En 2015, les accises sur le vin ont été augmentées de 30% et 41% sur les boissons distillées
En 2015, les accises sur le vin ont été augmentées de 30% et 41% sur les boissons distillées - © Tous droits réservés

La hausse des accises sur l'alcool est un mauvais calcul pour l'Etat, souligne lundi la fédération sectorielle Vinum Et Spiritus. Selon cette dernière, trois ans après l'introduction de la mesure en novembre 2015, le manque à gagner pour les autorités s'élève à 655 millions d'euros. L'objectif en matière de santé publique n'est pas davantage atteint, affirme le représentant du secteur.

Selon Vinum Et Spiritus, le montant des accises perçues est inférieur de 457 millions d'euros aux prévisions budgétaires. En outre, la hausse de prix aurait eu un tel effet négatif sur les volumes consommés que 198 millions d'euros de TVA auraient été "perdus" en 33 mois, insiste le directeur de la fédération Geert Van Lerberghe.

La mesure, qui prévoyait une hausse des accises de 30% sur le vin et de 41% sur les boissons distillées, devait également avoir un impact bénéfique pour la santé publique. Encore raté, selon M. Van Lerberghe. "Selon l'Organisation mondiale de la santé, le Belge a consommé 12,1 litres d'alcool pur sur la période 2015-2017. En 2009-2011, c'était 11,4 litres."

Pourtant, les ventes ne cessent de baisser, mettant en lumière la problématique des achats transfrontaliers, poursuit la fédération sectorielle. Fin 2017, les spiritueux et le vin enregistraient des reculs respectifs de 23,9% et 7,5% par rapport à 2015.

Vinum Et Spiritus dit "comprendre qu'il est difficile pour le gouvernement d'admettre, à six mois des élections, que ce volet du tax shift a été si mal appréhendé". "Nous voulons rester un partenaire constructif", conclut M. Van Lerberghe.

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