Accidents impliquant des camions: "Les chiffres en matière de sécurité routière sont globalement stables"

Lundi, un camion s’est renversé sur le viaduc de Wauthier-Braine, provoquant la fermeture des rings intérieurs et extérieurs. Ces accidents semblent de plus en plus fréquents. Le 11 octobre dernier un accident similaire a eu lieu sur l’autoroute E42-E19/A7 à hauteur de Maisières.

Pourtant, selon Michaël Reul, secrétaire général de l’UPTR, l’Union Professionnelle du Transport et de la logistique, "les chiffres en matière de sécurité routière sont globalement stables". "Les chiffres sont plutôt favorables et on voit les résultats d’une série de mesures qui ont été prises, mais également l’évolution positive, qui est peut-être le facteur le plus important, de la technologie des camions."

Il précise aussi qu’il y a "moins de décès, moins d’accidents avec victimes corporelles et on ne peut que s’en féliciter". "Évidemment, et on ne vous en fait évidemment pas le reproche, dès lors qu’il y a un accident comme ceux qu’on a connus ces derniers jours, il y a une grande visibilité, ce qui donne un aspect un peu trompeur et l’impression à vos auditeurs qu’il y a plus d’accidents qu’il n’y en a en réalité", précise-t-il.

Pas d’alternative

Et il n’y a pas d’alternative pour transporter ces produits autrement que par camion. "C’est la solution, d’autant qu’il n’y en a pas d’autres, au risque de décevoir les uns et les autres. Pour toute une série de transports, pour 95% du transport par route aujourd’hui, il n’y a pas d’alternative, ni fluviale ni via la voie ferrée."

Le transport trimodal n’apparaît pas non plus comme étant une solution appropriée à ce mode de transport.

"Pour 75% du marché, c’est un transport dans un rayon de 300 km où il n’y a pas d’alternative. Vous m’avez invité, et je vous remercie, et je suis venu aujourd’hui en voiture, je n’ai pas pris l’avion, tout le monde le comprend bien, parce que c’est un autre marché et c’est exactement la même chose dans le transport routier. Parfois, il faudrait que nos politiques aient un peu de vision, on ne va pas tout mettre sur la voie d’eau. La voie d’eau a une part du marché, la voie d’eau va permettre de stabiliser la croissance du camion, ni plus ni moins. Malheureusement, il ne faut donc pas rêver, il y aura de plus en plus de camions parce que le camion suit la croissance économique, et je pense que tout le monde souhaite qu’il y ait une croissance économique."

La voie ferrée ou le transport fluvial doivent donc s’intégrer dans un plan de circulation global. "La voie ferrée et la voie d’eau vont croître plus que le transport routier, mais au final, comme il y a une croissance globale, il y aura malheureusement, ou heureusement selon les points de vue, encore plus de camions sur les routes."

A qui la faute ?

C’est évidemment la question qui revient le plus souvent après ce genre d’accident. La faute revient aux conducteurs des camions ou aux automobilistes ? "On met peut-être un peu vite tout sur le dos de nos chauffeurs et c’est parfois un peu facile. On a des chiffres qui sont très approximatifs : dans 60 à 70% des accidents, la responsabilité finale incombe à l’automobiliste. Mais loin de nous l’idée de jeter l’opprobre sur les uns ou les autres. Je pense qu’il faudrait peut-être travailler à ce que les différents usagers de la route, et on le voit avec les nouveaux types de mobilité aujourd’hui, utilisateurs faibles de la route, peut-être devrait-on réfléchir à mieux s’entendre sur la route. Il n’y a pas de formation pour les automobilistes. Quant à ce qu’on voit ou ce qu’on ne voit pas dans un camion, il y a toujours cette problématique de l’angle mort qui explique — qui ne justifie pas, loin de là — bon nombre de camions parce que l’automobiliste ne sait pas ce qu’on voit dans un camion. Par contre, l’inverse est tout à fait vrai, tous nos chauffeurs de camion sont chauffeurs de voitures."

Les chauffeurs de camions suivent une formation obligatoire, avec un recyclage tous les cinq ans. "Et par rapport à la problématique de ces accidents avec des marchandises dangereuses, tous les chauffeurs marchandises dangereuses ont également en parallèle des cours, un examen initial et également tous les cinq ans des cours de recyclage. Et pour rassurer vos auditeurs, les fameux véhicules extra-longs et extra-lourds — 60 tonnes sur un nombre plus long d’essieux, et donc aucun problème en matière de sécurité routière — sont actuellement cinq à rouler en Wallonie. Il n’y a donc pas de quoi en faire un pataquès."

Il y aura donc peut-être plus de camions, mais des camions à dimension normale. "Les camions aux dimensions normales — 18 mètres et 44 tonnes — sont encore là pour de longues années."

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