A l'avant-veille du sommet européen, les feux restent à l'orange

Les Européens vont-ils trouver des solutions à la crise persistante ? Les indicateurs à l'orange les pressent d'y parvenir...
Les Européens vont-ils trouver des solutions à la crise persistante ? Les indicateurs à l'orange les pressent d'y parvenir... - © AFP PHOTO / ALBERTO PIZZOLI

Après avoir débuté la semaine sur une forte baisse, les Bourses européennes ont ouvert sur une timide hausse, même si les investisseurs restent inquiets de la situation des pays les plus fragiles de la zone euro, en particulier l'Espagne, qui doit à nouveau emprunter à des taux en forte hausse.

Paris a ainsi démarré sur une hausse de 0,18%, Londres de 0,26%, Francfort de 0,42%. Peu après l'ouverture Madrid et Milan qui avaient carrément plongé lundi, gagnaient respectivement 0,57% et 0,21%. Vers 10h00, le Bel20 gagnait quant à lui 0,15%.

Espagne: les taux remontent en flèche

A l'approche du sommet européen prévu jeudi et vendredi, les attentes se font de plus en plus fortes, alors que les taux d'emprunts de l'Espagne s'envolent de nouveau, le pays payant cher la situation de ses banques asphyxiées par des crédits immobiliers risqués.

L'Espagne a ainsi emprunté 3,077 milliards d'euros à 3 et 6 mois, légèrement au-dessus de la fourchette visée, mais à des taux d'intérêt en très forte hausse, au moment où le pays est soumis à de vives tensions sur les marchés après la demande d'aide à ses banques.

Le taux a presque triplé sur l'échéance à trois mois, passant à 2,363% contre 0,846% lors de la dernière émission similaire le 22 mai, et il a presque doublé sur l'échéance à 6 mois, à 3,237% contre 1,737% le 22 mai.

Concrétisant les craintes, Moody's a abaissé lundi soir, de un à quatre crans la note de long terme de la dette de 28 banques espagnoles et de deux émetteurs de crédits. Seize établissements pourraient encore être abaissées à court ou moyen terme.

Mais selon un analyste parisien, sous couvert d'anonymat, "cette décision, largement anticipée, devrait avoir peu d'impact sur le marché mais c'est un nouvel élément anxiogène".

"L'abaissement de la note de 28 banques espagnoles par Moody's ne fait que confirmer le fait acquis que le système bancaire espagnol ne pourra pas se sortir de la crise sans intervention extérieure", ont estimé pour leur part les analystes du Crédit Mutuel-CIC.

En Italie, la consommation en berne

La consommation a accusé un fort repli en avril en Italie après la baisse déjà enregistrée en mars, les Italiens se serrant la ceinture alors que le pays s'enfonce dans la récession, a annoncé mardi l'institut de statistiques Istat dans un communiqué.

Selon des données corrigées des variations saisonnières, les ventes de détail ont reculé de 1,6% en avril sur un mois alors que les économistes s'attendaient à un repli de 0,2%, selon un consensus établi par Dow Jones Newswires.

Sur un an, en données brutes, elles ont chuté de 6,8%, le pire repli annuel depuis le début de la série statistique en janvier 2001, a ajouté l'Istat.

Cette forte baisse des ventes de détail, qui est due à une baisse de 1,5% sur un mois des ventes de produits alimentaires et des ventes de produits non alimentaires, intervient après un recul de 0,8% sur un mois en mars, selon un chiffre révisé en baisse par rapport à une première estimation de -0,2%.

En janvier et février, les ventes de détail avaient en revanche progressé.

Plombée par la crise de la dette et des plans d'austérité à la chaîne destinés à rassurer les marchés, l'Italie est entrée fin 2011 en récession et a connu une nouvelle contraction de son PIB de 0,8% au premier trimestre.

T.N. avec agences

 

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