A Davos, on ne dit pas merci aux Belges pour le chocolat

Pour Alexander De Croo, l'histoire, c'est celle d'un pays devenu "sexy"grâce aussi aux réformes fiscales, aux mesures prise pour abaisser les coûts travail, pour favoriser l'embauche.
Pour Alexander De Croo, l'histoire, c'est celle d'un pays devenu "sexy"grâce aussi aux réformes fiscales, aux mesures prise pour abaisser les coûts travail, pour favoriser l'embauche. - © FABRICE COFFRINI - AFP

Décidément, les temps changent. La quelque centaine d'investisseurs qui se sont pressés au "Belgian Power Breakfast" organisé jeudi matin à Davos, sont repartis un brin déçus. Ils faut les comprendre, ils s'attendaient à recevoir la traditionnelle confection de chocolat belge en guise de cadeau souvenir.

Cette année, c'est avec un splendide coupe-papier – un choix du Premier ministre lui-même, nous a-t-on confié – qu'ils s'en sont retournés. Un coupe-papier alors que le 46ième Forum Economique mondial (WEF) célèbre l'avènement de la révolution digitale ? La formule a quelque peu surpris....

Test de "nouveaux éléments de langage"

Une chose est sure, cette année Davos aura servi au gouvernement de terrain d'entraînement privilégié pour tester de nouveaux éléments de langage, comme disent les communicants. Une session de rodage en quelque sorte, alors que Charles Michel devrait se lancer dans les mois qui viennent dans un road-show mondial pour vanter les attraits de la Belgique, mais aussi restaurer son image.

Car si on ne peut pas parler de "Belgian bashing", l'image du pays en a pris un coup après les attentats de Paris. Au fur et à mesure que l'enquête révèlait l'implication d'un commando franco-belge dans ce sanglant attentat, la Belgique se faisait épingler par la presse internationale : base arrière du djihadisme, foyer de radicalisme, autorités et services renseignements dépassés, zones de non-droits, etc. Bref, la Belgique se transformait du jour au lendemain en un pays dangereux où règne l'insécurité.

De quoi alarmer le gouvernement fédéral qui a fait de la création d'emplois son cheval de bataille. Il fallait d'urgence endiguer les effets d'une si désastreuse publicité avant qu'elle ne finisse par causer du tort à la santé économique du pays, à refroidir les ardeurs des investisseurs et des multinationales. Du coup, à Davos, la Belgique ne s'est pas trop appesantie sur la question, elle n'a fait qu'une petite allusion aux mesures de sécurité.

Belgique, la force est revenue !

Le vice-premier ministre Alexander De Croo a souligné que la sécurité était et resterait une priorité et qu'on y consacrerait toujours tous les moyens nécessaires, pour aussitôt embrayer sur tout autre chose, "une toute autre histoire que nous voulons raconter". L'histoire, c'est celle d'un pays devenu "sexy"grâce aussi aux réformes fiscales, aux mesures prise pour abaisser les coûts travail, pour favoriser l'embauche.

"The right moment and the right place pour investir", a asséné Alexander De Croo, qui n'a pas hésité à filer la métaphore du Jedi avec un vibrant "Belgique, la force est revenue !"

La Belgique, un pays "business friendly"

Après ce galop d'essai dans les montagnes suisses, ce sera bientôt à Charles Michel de prendre la route pour aller vendre le tax-shift et annoncer au monde et à la cité qu'après des mois d'intenses efforts le gouvernement actuel est parvenu à faire de la Belgique un pays "business friendly". Les premiers à profiter de l'opération séduction devraient selon toutes vraisemblance être la Chine et l'Inde. L'histoire ne dit pas encore quel petit cadeau souvenir le Premier ministre leur réserve...

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