63,1 milliards d'euros en moins : le patrimoine financier des Belges a plongé au premier trimestre

Les avoirs financiers des Belges sont passés de 1.102,8 milliards fin de 2019 à 1.039,7 milliards au 31 mars 2020.
Les avoirs financiers des Belges sont passés de 1.102,8 milliards fin de 2019 à 1.039,7 milliards au 31 mars 2020. - © Jonas Hamers - BELGAIMAGE

Les avoirs financiers de l’ensemble des Belges sont passés de 1.102,8 milliards à la fin de 2019 à 1.039,7 milliards d’euros au 31 mars 2020, selon des statistiques de la Banque nationale de Belgique. Soit une chute de 63,1 milliards d’euros. Cause principale de ce plongeon : un krach boursier particulièrement violent au mois de mars.

La plus forte réduction de valeur depuis 1998

A Bruxelles, par exemple, l’indice BEL20 avait dégringolé de 14,21% le jeudi 12 mars, la plus forte chute en une seule séance depuis la création de l’indice en 1991. Mais d’autres séances ont été très chahutées en mars, si bien que, constat de la BNB, "la chute des cours de bourse au premier trimestre a entraîné d’importantes réductions de valeur des actifs financiers". Il s’agit même "de la plus forte réduction de valeur depuis l’enregistrement [de ces statistiques] commencé en 1998 ".

 

Au total, cette "réduction de valeur" atteint 65,5 milliards d’euros. Elle prend en compte la baisse de la valeur des parts de fonds d’investissement (-30 milliards), des actions cotées (-14,3 milliards d’euros), des actions non cotées et autres participations (-13,1 milliards d’euros) et des produits d’assurance (-7,6 milliards d’euros).

Une chute mais aussi une occasion en or

La chute des cours de bourse en mars a donc laminé le patrimoine financier des Belges. Mais elle a également attiré une quantité de nouveaux investisseurs – souvent jeunes d’ailleurs – qui se sont manifestement dit qu’une telle correction boursière était une occasion en or. "En dépit du fléchissement des cours boursiers, note la Banque nationale, les particuliers ont investi pour 2,0 milliards d’euros nets en actions cotées. Celles-ci n’avaient plus connu un tel succès auprès des investisseurs privés depuis le troisième trimestre 2010 ".

Mais les Belges n’ont pas non plus oublié d’être prudents… Avec le début du confinement et l’impossibilité de dépenser leur argent dans les magasins, au restaurant ou en vacances, ceux qui le pouvaient ont thésaurisé. Les dépôts à vue ont ainsi augmenté de 2,2 milliards d’euros, les dépôts d’épargne réglementés de 1,4 milliard d’euros et l’argent liquide de 800 millions d’euros.

Hausse des engagements financiers

Le communiqué de la Banque nationale concerne le patrimoine financier net des Belges. Pour le calculer, il faut d’abord définir les avoirs financiers (1347,8 milliards d’euros fin mars) puis enlever les engagements financiers des Belges, leurs crédits donc (308,1 milliards d’euros). C’est en faisant cette soustraction qu’on arrive à un patrimoine financier net de 1.039,7 milliards d’euros fin mars.

Du côté des crédits des Belges, en l’occurrence, pas d’évolution extraordinaire : les nouveaux engagements financiers des particuliers ont augmenté de 1,6 milliard d’euros, essentiellement sous l’effet des crédits hypothécaires (+1,2 milliard d’euros). Une évolution que la BNB qualifie de "plutôt modeste après les importantes opérations enregistrées au quatrième trimestre de 2019".

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