"6% des faillites" dues à des retards de paiement de l'Etat, selon le Syndicat des indépendants

Près d'un quart des factures sont payées en retard par l'administration publique
Près d'un quart des factures sont payées en retard par l'administration publique - © Pixabay

Les retards de paiement et les factures impayées sont une véritable plaie pour les patrons des PME et des indépendants. Une plaie très douloureuse quand il s’agit des administrations publiques, comme l’affirme Jean-François Dondelet, secrétaire politique du Syndicat des indépendants.

6% des faillites dues aux retards de paiement des administrations publiques

"Encore à l’heure actuelle, une facture sur quatre est payée en retard par les services fédéraux. On constate également que 6% des faillites sont dues à des retards de paiement des administrations publiques, donc c’est un phénomène récurrent et alarmant également."

 "Beaucoup d’entreprises, suite à ces retards de paiement, éprouvent des difficultés pour, notamment, payer des fournisseurs, pour remplir leurs propres obligations fiscales. Et cette spirale négative les amène dans des situations assez difficiles…"

Des retards de plusieurs mois

Avec, pour certains patrons, la décision de renoncer aux marchés publics, comme Luc Beriot, entrepreneur de la région de Mons. "J’ai effectivement remis prix l’année dernière pour des travaux au SPF justice, j’ai réalisé les travaux au mois de juillet, et aujourd’hui la facture n’est toujours pas réglée."

Le retard se compte en mois, et certains entrepreneurs ont tout simplement abandonné l’idée qu’il serait payé. Eric Lassoie est gérant d’une société de taxi, qui a longtemps travaillé pour le ministère de la Justice : "On a arrêté parce qu’il fallait être là quand même assez rapidement, et ça créait des problèmes. Je devais mettre des clients de côté, ça ne se faisait pas. Et le paiement ne se faisait vraiment pas tout de suite, il fallait attendre très longtemps, il fallait attendre que le policier ait fait son petit rapport. C’était vraiment l’horreur ! Il fallait toujours envoyer des rappels et on n’avait pas de nouvelles. Les dernières factures, je ne sais même pas si elles ont été honorées. À mon avis, c’est tombé dans les oubliettes, mais on ne travaillera plus pour eux, ça c’est fini."

Le SPF Justice mis en cause répond qu'aujourd'hui, ce sont les Communautés qui paient les factures de transport pour les mineurs, et que des mesures comme le report du paiement de la TVA sur des factures impayées ont été prises, tandis que d'autres attendent toujours le feu vert du gouvernement.

Des retards qui coûtent chers au contribuable

Mais toutes les administrations publiques ne sont pas à mettre dans le même panier. "En contrepartie, explique Eric Lassoie, on a travaillé pour le ministère des Transports au niveau des enfants handicapés, donc transfert dans les écoles, etc. avec ou sans chaise roulante. Mais ça, tout de suite on envoie la facture, on est payé immédiatement."

Selon les chiffres du ministère fédéral du Budget, ces retards coûtent cher aussi au contribuable : 824 000 euros en 2016. A l'heure où les différents gouvernements du pays disent vouloir relancer les entreprises et leur faciliter la vie, ça fait désordre.

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