5G : les entreprises s'impatientent de la voir arriver en Belgique

5G : les entreprises s’impatientent de la voir arriver en Belgique
5G : les entreprises s’impatientent de la voir arriver en Belgique - © STEFAN WERMUTH - AFP

La 5G arrive tout doucement en Allemagne, en Suisse, au Royaume-Uni, et aux USA, mais pas encore chez nous. En cause, de nombreux obstacles techniques, politiques, juridiques et des questions sur la santé publique. Par contre, les entreprises, elles s’impatientent. Pour nous, la 5G permettra de surfer plus vite sur Internet sur notre téléphone avec un temps de réponse plus rapide. Donc, c’est surtout des enjeux de confort pour nous, alors que là où il y a de vrais enjeux économiques, c’est du côté des entreprises, dont certaines ont besoin de la 5G parce que dans certains secteurs, l’arrivée de cette 5G permettra de faire des choses qu’elles ne peuvent pas faire aujourd’hui. Par exemple, cela va permettre de développer de nouveaux produits, des nouvelles technologies, comme la voiture autonome. Cette voiture n’a pas de chauffeur et doit prendre elle-même toute une série de décisions en permanence : je m’arrête à ce feu rouge, je freine d’urgence devant un enfant qui traverse, j’évite un cycliste que je n’avais pas vu en urgence. Vous imaginez bien que pour prendre ces décisions, la voiture doit être très connectée en permanence ; la connexion doit donc être fiable.

Un autre exemple : dans le ciel, comme l’explique Thibaud Jongen, le patron de la SABCA, une entreprise d’aéronautique.Nous avons développé des solutions et des services basés sur les drones, et là évidemment l’inclusion des drones dans l’espace aérien contrôlé, les espaces urbains, etc., la 5G est aussi une infrastructure critique pour justement permettre le développement de ce genre de services."

Et avant même que tous ces produits sortent dans les usines au niveau de la production, la 5G permettra plus de souplesse. Imaginez que chaque machine, chaque robot d’une usine soit connecté en 5G plutôt que par câble. Ces machines seront alors beaucoup plus facilement déplaçables, on peut réaménager la chaîne de production en fonction des besoins, en fonction des pics de production, en fonction de la taille de certaines pièces, en fonction des demandes du client.

Sauf qu’en Belgique, on n’y est pas encore pour la 5G. Il faut d’abord attribuer les bandes de fréquences aux opérateurs. C’est une vente aux enchères, c’est le politique qui doit fixer les règles, et tant qu’on n’a pas de gouvernement fédéral, on risque de ne pas avancer sur ce dossier-là. Ensuite, il faudra toute une mise en place technique, ça mettra au moins un an, et il faudra aussi rediscuter des normes d’émission. Donc, au plus tôt, un an et demi ou deux ans, et réalistement, plutôt trois ou quatre ans. C’est pour ça que les entreprises sont impatientes aujourd’hui, pour ne pas dire fâchées pour certaines de cette lenteur. Floriane De Kerchove, experte télécoms à la Fédération des entreprises du secteur technologique : "En Allemagne, ils sont déjà occupés à déployer la 5G aujourd’hui. Aux États-Unis, c’est la même chose. Donc, ce qu’on constate, c’est surtout que pour les grandes entreprises internationales qui ont de la production ici et à l’étranger et qui sont très au courant justement des évolutions de la 5G, il y a une peur que si on ne va pas assez vite en Belgique, les investissements soient plutôt faits dans les pays voisins plutôt que chez nous. En Allemagne, ils sont déjà occupés à déployer la 5G aujourd’hui. Aux États-Unis, c’est la même chose. Donc, ce qu’on constate, c’est surtout que pour les grandes entreprises internationales qui ont de la production ici et à l’étranger et qui sont très au courant justement des évolutions de la 5G, il y a une peur que si on ne va pas assez vite en Belgique, les investissements soient plutôt faits dans les pays voisins plutôt que chez nous."

Explications sur la 5G par Gwenaëlle Dekegeleer, dans notre rubrique "Un oeil sur demain" (mars dernier)

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