400 euros par mois, 10 heures de travail par jour: bienvenue à bord de Ryanair

"L'embarquement n'est pas payé, les procédures de sécurité non plus."
"L'embarquement n'est pas payé, les procédures de sécurité non plus." - © Tous droits réservés

Toute sa jeunesse, elle avait rêvé de ce métier: Sofia Lichani voulait devenir hôtesse de l’air. Son rêve, elle avait enfin cru le réaliser, lorsqu’elle a postulé auprès d’une compagnie aérienne, et qu’elle a été retenue. Mais, dès l’entretien d’embauche, quelque chose ne va pas. Ce constat va se confirmer tout au long des quatre années et demi qu’elle a passées chez Ryanair.

Car c'est dans cette compagnie aérienne, soumise au droit social irlandais, qu'elle va payer, comme tous les autres salariés, les prix avantageux du low cost pour le voyageur lambda: fatigue, salaires ridiculement bas, droits sociaux inexistants.

"Embauchée en cinq minutes"

Aujourd’hui, la jeune femme sort un livre - Bienvenue à bord - pour raconter cette expérience. Ce qu’elle veut mettre en évidence par son témoignage, c’est l’ampleur des impacts sociaux et du modèle économique "low cost" dans l’aviation. C'est ce que relate le site d'informations économiques BFM.

"J'ai été embauchée en cinq minutes, sans conditions de diplôme, mais à la condition d'avoir les moyens de payer ma formation de 1400 livres, c’est à dire 2000 euros", explique-elle à l’occasion de la sortie d’un livre qu’elle a écrit sur cette expérience professionnelle.

Son premier contrat, c’est un CDD d’intérim. Son salaire est de … 400 euros. Lorsqu’elle décroche un "vrai" contrat, elle va toucher le double, mais cela ne fait toujours que 800 euros par mois.

Des commissions sur les ventes à bord, et les heures de vol, s’y ajoutent, mais, au final, cela reste peu. Surtout par rapport à la fatigue accumulée.

Cinq jours de suite, de 5 heures à 17 heures

De plus, ajoute-t-elle, toutes les heures prestées ne sont même pas payées: "Le briefing avant le vol, n'est pas payé. L'embarquement n'est pas payé, les procédures de sécurité non plus. Nous sommes payés uniquement quand l'avion roule et qu'il décolle. Au débarquement, il faut faire le ménage, qui n'est pas payé non plus."

Malade ? L’employé-e n’est pas payé-e non plus. Pire: c’est très mal vu.

Outre ces conditions salariales au rabais, les conditions de travail sont elles aussi très dures. La pression est continue sur les salariés, on les surveille anonymement. Et l’accumulation des heures use les organismes. "Quand on a travaillé cinq jours à cinq heures du matin pour finir à cinq heures de l’après-midi, … Je les voyais, les pilotes, après le 5ème jour ils étaient nazes, ils étaient crevés. On tire sur la corde…"

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