40% des emplois créés entre 2015 et 2018 dus aux politiques prises avant l'actuelle législature

L’économie belge a créé 230.000 emplois supplémentaires entre 2015 et 2018, dont près de 160.000 emplois salariés dans le secteur privé, selon une étude de l’IRES, l’Institut de recherche économique et social de l’UCL. Cette étude est disponible sur le site Regards économiques.

Ce qui décoiffe, c’est que pour l’IRES, 40% de cette création d’emplois supplémentaire est liée à des facteurs qui ne sont pas propres à la période 2015-2018.

« Depuis environ mi-2013, on assiste en Belgique à une nette amélioration de l’activité économique et à une orientation à la baisse des coûts réels de la main-d’œuvre. Ces facteurs ont généré une dynamique positive de l’emploi, dont les effets se manifestent encore aujourd’hui », explique Muriel Dejemeppe est professeure d’économie à l’UCL et l’une des auteurs de cette étude.

En résumé, les effets des politiques qui ont été prises avant l’actuelle législature se font sentir à retardement. « Et ces effets retard sont importants puisque 40% — je le répète — des créations d’emplois que l’on a enregistrées au cours de la période seraient dues à des facteurs qui ne sont pas propres à la période », précise-t-elle.

Le facteur prépondérant reste le dynamisme de l’activité économique

Et pour les chercheurs de l’IRES, les mesures de modération salariale prises par le gouvernement Michel n’ont pas permis de créer des masses d’emplois supplémentaires.

« Le facteur prépondérant reste le dynamisme de l’activité économique. Depuis 2015, on a connu une croissance économique orientée à la hausse. Donc, entre 2015 et 2018, on a une croissance du PIB réel qui est de 6,5%, et cette croissance de l’activité économique a généré de l’ordre de la moitié des créations d’emplois que l’on a connues au cours de cette période. »

Les mesures de compression du coût du travail — saut d’index, tax shift — ont tout de même eu impact sur la création d’emplois au cours des dernières années. Selon l’IRES, ces mesures auraient permis la création de 59.000 emplois tout de même, dont la moitié dans le privé. Et il est très probable que les mesures prises sous le gouvernement Michel auront des effets positifs dans les prochaines années.

« Si la politique gouvernementale a effectivement eu pour effet de relever la croissance du PIB et de réduire celle du coût réel du travail, son impact sur l’emploi devrait se prolonger bien au-delà de 2018 et devrait donc être plus important que les estimations relativement modestes que nous avons livrées à travers notre analyse. »

Deux bémols immédiatement présentés par Muriel Dejemeppe : il faut encore trouver plusieurs milliards d’euros pour financer le tax shift, et ça pourrait avoir un impact négatif sur les créations d’emplois futurs, et deuxièmement, les baisses de charges patronales risquent d’engendrer à terme des pressions salariales à la hausse, avec notamment les difficultés de recrutement dans certains secteurs.

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