35 euros nets en plus sur votre fiche de paie en janvier : l'effet de la dernière phase du tax shift

Si vous êtes salarié, vous avez peut-être constaté sur votre fiche de paie de janvier ou votre compte en banque que votre revenu net a été augmenté. C’est l’effet du tax shift, expliquait Sabrina Scarna, économiste, dans Matin Première.

« En réalité, le fameux tax shift annoncé par notre gouvernement il y a quatre ans a été phasé. Vous avez donc eu une augmentation du salaire via une diminution de l’impôt, qu’on n’a pas fait en une fois, mais qu’on a étalée sur quatre ans, et cette année est la dernière étape. Ça représente effectivement une augmentation d’environ 35 euros par mois par personne. »

432 euros d’augmentation par an en moyenne

36 euros en moyenne, donc 432 euros par an en moyenne : une augmentation qui ne passe donc pas inaperçue : « C’était vraiment l’effet voulu par le gouvernement : favoriser le pouvoir d’achat. Comment ? En augmentant les tranches d’imposition, car notre impôt est progressif par tranches. En effaçant la tranche de 30% au profit de la tranche de 25%, on gagne plus et en plus on favorise les bas salaires. »

La volonté est vraiment de redonner un peu de pouvoir d’achat : « Pourquoi taxe-t-on le travail ? Parce que c’est facile, parce que le travailleur est captif. Une personne qui est rentière n’est pas captive. Donc, effectivement, si on mettait des taux d’imposition inversés et très élevés sur les revenus mobiliers, les personnes qui en ont pourraient plus facilement s’en aller et on retomberait sur votre question de la nationalité. Mais effectivement, il faut arrêter de taxer nécessairement et prioritairement le travail si on veut redonner du pouvoir d’achat et relancer — ce qui était d’ailleurs la loi de relance — l’économie pour favoriser le travail et l’entrepreneuriat ».

Et ça ne concerne pas que les salariés : «L’impôt progressif par tranches est le même pour tout le monde, donc ça va favoriser tout le monde. Les indépendants ont aussi eu d’autres coups de pouce, puisqu’on a aussi diminué les cotisations sociales d’indépendants sur ces quatre ans ».

Surtout pour les bas salaires

Par contre, ça se ressent moins sur les hauts salaires : « Oui, l’effet a vraiment été voulu sur les bas salaires. Un salaire de 2 000 euros brut, sur quatre ans, a une augmentation nette de 12%, tandis qu’un salaire de 4000 euros brut va avoir une augmentation de 5% ».

Où est-on allé chercher cet argent ? « On a essayé d’augmenter la taxation sur d’autres revenus, sur les revenus mobiliers par exemple. La fameuse taxe de spéculation a été supprimée, mais quand on regarde sur la manne fiscale que représente l’impôt, la taxation du patrimoine représente à tout le moins 10%. Donc, on voit qu’on a une taxation du patrimoine élevée, qui a permis de compenser quelque peu. Il y a aussi la hausse de la TVA, la hausse des douanes et accises sur l’alcool et l’essence, la taxation indirecte, la fameuse taxe sur les comptes-titres, la taxe sur les opérations de Bourse qui ne cesse d’augmenter ».

La Belgique reste un des champions en matière de taxation. « Il y a plus de 50% des revenus qui sont taxés en Belgique, et donc peut-être qu’un meilleur équilibre doit être recherché, et — on en parle aujourd’hui évidemment avec les jeunes — aussi une meilleure volonté de soutenir l’écologie par l’impôt. Aujourd’hui, aux alentours de 40.000 euros, vous payez 50% d’impôts. En France, les choix sont différents. En France, le taux maximal est 45%, mai à partir de 160.000 euros d’impôts. Donc, on a vraiment des tranches tout à fait différentes, mais la France va privilégier d’autres types de taxation, comme on le sait. »

Taxé là où on travaille, sauf si…

Et l’exil fiscal ? « Le principe qu’on a en Belgique, c’est : 'je travaille dans un pays et je suis taxé dans ce pays, je génère un revenu dans un autre, c’est là que je serais imposé'. La résidence est vraiment le critère de rattachement fondamental, on n’a jamais travaillé sur la nationalité, et je ne crois pas qu’on va y arriver quand vous voyez des pays comme le Portugal ou comme l’Italie qui créent des systèmes fiscaux très avantageux pour attirer des résidents chez eux, pour relancer l’économie ».

Pourquoi les gens qui viennent travailler à Bruxelles ne payent pas leur impôt là où le salaire est généré, c’est-à-dire à Bruxelles ? «Généralement, on paye son impôt où on travaille. Donc, des étrangers qui viennent travailler en Belgique et qui seraient résidents d’un autre État seront en principe taxables en Belgique. Mais nous, à Bruxelles, on a beaucoup de fonctionnaires européens, qui eux ont un régime fiscal tout à fait différent. Mais si vous avez un Français qui travaille en Belgique, il sera taxé en Belgique ».

 

 

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