2020, année contrastée pour le secteur de la chimie, avec une baisse du chiffre d'affaires et 1500 emplois créés

Le secteur de la chimie et pharma a vécu une année 2020 à deux visages, a rapporté mercredi la fédération Essenscia. Il a subi une baisse importante du chiffre d’affaires à cause de la crise du coronavirus mais a créé 1500 emplois supplémentaires et effectué des investissements records.

En 2020, le secteur belge de la chimie, des matières plastiques et de la pharmacie a enregistré une baisse de 6,3% de son chiffre d’affaires. Il a diminué lors de chaque trimestre de l’année pour atteindre son plus bas niveau depuis 2012, à 60,8 milliards d’euros (64,9 milliards en 2019). L’impact du coronavirus a été le plus important pour la chimie (-10%) mais tous les sous-secteurs sont concernés.


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Le Brexit, toujours "un choc économique"

Les exportations ont par contre stagné (+ 0,1%) à 131 milliards d’euros. Le secteur de la chimie et des sciences de la vie a cependant renforcé sa position de leader avec 36% du total des exportations belges, devant le matériel de transport (12%) ainsi que les machines et équipements (11%). Les exportations ont diminué de 4% au sein de l’Union européenne et ont progressé de 7% en dehors des frontières européennes.

Essenscia souligne également que le Brexit "reste un choc économique", avec une baisse de 26% du commerce avec le Royaume-Uni depuis le référendum en 2016. Ce contexte difficile n’a toutefois pas interrompu la hausse de l’emploi dans le secteur. Les entreprises pharmaceutiques et chimiques ont créé 1436 nouveaux emplois en 2020, en hausse pour la septième année consécutive. Le secteur englobe désormais 95.506 emplois, son plus haut niveau depuis près de 20 ans.

20% d’investissements en plus en R&D

Les entreprises du secteur ont par ailleurs investi des sommes records en recherche et développement, en hausse de plus de 20% pour atteindre 5,5 milliards d’euros, ainsi que dans le renouvellement et l’amélioration de la durabilité de leurs infrastructures de production (+10%, à 2,4 milliards). Ces investissements concernent principalement les vaccins contre le coronavirus, le développement de nouveaux médicaments et la recherche pionnière dans le domaine biotechnologique, précise Essenscia.

Le nombre de demandes de brevets a lui aussi progressé et s’est établi à 946 en 2020, un nouveau record. Le secteur représente 40% de l’ensemble des demandes de brevets belges, souligne Essenscia.

Une reprise économique fragile

"Le secteur de la chimie, des matières plastiques et des sciences de la vie est plus que jamais le pilier de l’économie et de la prospérité en Belgique", commente la fédération. "Grâce aux vaccins contre le coronavirus et les nombreux équipements de protection, le secteur joue un rôle crucial dans la maîtrise de la pandémie mondiale.

"La fédération indique que les résultats du premier trimestre montrent les signes d’une "timide reprise économique" mais que celle-ci reste fragile et que la confiance des entreprises est incertaine. "Le secteur démontre clairement qu’une industrie forte est nécessaire pour assurer la transition vers un avenir durable et sain", commente par ailleurs Yves Verschueren, administrateur délégué d’Essenscia. "Nous comptons sur un plan de relance belge qui soutienne largement les projets pilotes pour le captage et le stockage du CO2 et le recyclage chimique des matières plastiques, deux technologies cruciales dans la poursuite de la neutralité climatique."

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