1500 vitres de protection en huit jours: la reconversion d'une société à l'heure du coronavirus

Dans un supermarché, au guichet d’une administration, un travailleur peut se protéger d’une éventuelle contamination au coronavirus en étant séparé du client/administré par une vitre de protection. C’est ce type de barrière que confectionne désormais la société Conceptexpo.

Basée à Wavre, elle s’est reconvertie : elle créait des stands d’exposition pour les foires, les salons, les musées. Un secteur à l’arrêt depuis le blocage du pays. Du coup, Conceptexpo s’est tourné rapidement vers la réalisation de vitres.

Destinataires ? Les pharmacies d’abord et d’autres petits commerces ensuite..

Une demande de certains pharmaciens

"En fait, l’idée n’est pas venue de nous", explique Valérie Sterckx, responsable Marketing de cette société. Invitée du "6-9 Ensemble", elle précise que l’idée "est simplement venue de certains pharmaciens qui ont l’habitude de travailler avec nous, qui ont réaménagé leur officine avec nous. Il y a dix jours environ, ils nous ont téléphoné et nous ont dit : 'Est-ce que vous savez peut-être nous aider ? On est vraiment en contact direct avec la population, est-ce que vous pourriez nous créer des vitres de protection ?'"

Une matière première locale

La reconversion de la petite entreprise a été rapide, l’histoire de quelques heures. "C’est-à-dire qu’on les a appelés en week-end et le lendemain, lundi, on a organisé avec les moyens du bord, par Skype, etc., une réunion avec plusieurs personnes de chez Conceptexpo (des architectes, des développeurs, la personne qui s’occupe de la logistique et de la menuiserie). Et on s’est demandé ce qu’on pouvait faire rapidement pour pouvoir commencer à livrer des gens dès le lendemain."

La demande était très forte, le carnet de commandes a explosé : 1500 vitres ont déjà été livrées ! "En huit jours."

Heureusement, une partie de la matière première est locale. "Il y a des fournisseurs avec lesquels on est habitué à travailler au niveau de la menuiserie, puisque c’est vraiment notre métier de faire du sur-mesure. Par contre, le plexiglas, moins. Donc là, on a effectivement dû chercher. On a trouvé les 400 premiers assez facilement, et après on a un responsable achats qui a pris son téléphone et qui a téléphoné un peu partout."

Les premiers livrés ont été les pharmacies avant d’autres commerces comme "les night shops, une boulangerie, une boucherie, des banques. On a fourni toutes les agences Fortis et mercredi on a même eu des policiers."

Tourner avec seulement 10% des effectifs

La société Conceptexpo n’a pas arrêté de tourner mais avec des effectifs particulièrement réduits pour éviter la propagation du virus : à peine 10% des équipes dans les bureaux et les ateliers.

"La principale chose, c’est de faire attention à leur santé. Mais ce qu’on veut, c’est que les personnes qui souhaitent continuer à travailler puissent le faire dans de bonnes conditions et participer à cet élan de solidarité. Ce n’est pas du tout un objectif commercial, vraiment pas, c’est vraiment d’aider les gens qui sont en front et qui, de par leur métier, sont en contact direct avec leurs clients."


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Le but, dit la responsable, ce n’est pas de gagner de l’argent : "Je crois qu’on va regagner un peu de sous, mais ce n’est pas très rentable."

Conceptexpo ne se considère pas comme une entreprise essentielle, à l’instar des commerces d’alimentation. "On apporte notre petite pierre à l’édifice et, en tant qu’entreprise collaborative, c’est vraiment dans nos valeurs d’être présents à ces moments-là. Je dirais que ça donne beaucoup d’énergie dans l’entreprise. On a l’habitude d’avoir des gens très dynamiques qui font des stands, qui ont la pression du temps, de l’aménagement, et là c’est vide, c’est mort, donc ça soude, ça nous fait du bien."

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