138 emplois menacés chez Lunch Garden

Les syndicats de l’entreprise de restauration ne cachaient pas leur inquiétude ce mardi. Le groupe Lunch Garden les avait convoqués à un conseil d’entreprise extraordinaire. Pour les syndicats, la tenue d’un tel conseil signifiait l’annonce de décisions prises dans le cadre de la Loi Renault. Cela voulait donc dire qu’un plan de restructuration y serait annoncé, concernant au moins 10% des 1100 salariés de Lunch Garden. Dans ce cas-ci, 138 emplois sont sur la sellette, selon l’annonce faite par la direction. Celle-ci souhaite limiter "autant que possible" les licenciements secs.

Pour les syndicats, les craintes de licenciement étaient réelles car la direction avait laissé entendre hier qu’elle présenterait un "plan". L’information a été confirmée en Conseil d’entreprise extraordinaire ce jeudi. 138 emplois sur les 1100 travailleurs que compte le groupe sont visés. Pour limiter les licenciements secs, la direction a entamé une procédure d’information et de consultation avec les syndicats.

Une restructuration "forcée par les circonstances", selon la direction

Le "plan de transformation global" de Lunch Garden prévoit un ensemble de mesures de réduction de ses coûts. "Malgré cette décision forcée par les circonstances, la direction de l’entreprise est convaincue que la mise en place de ce plan maintiendra la célèbre chaîne de restaurants parmi les acteurs essentiels de son secteur", ajoute la direction de la chaîne de restauration.

Lunch Garden indique occuper "une position unique" sur le marché belge et garder confiance en son avenir. Mais ces mesures sont nécessaires afin de consolider sa situation future, poursuit la chaîne. "Aujourd’hui, les circonstances nous obligent à envisager des choix difficiles mais qui s’avèrent nécessaires pour faire face à cette nouvelle réalité", commente la CEO Ann Biebuyck. "Je suis convaincue qu’avec nos partenaires sociaux, nous pouvons trouver des solutions constructives. Plus que jamais, je crois au potentiel et à la résilience de Lunch Garden." La chaîne explique avoir fait des efforts considérables, notamment financiers, pour surmonter la crise sanitaire, après les trois mois de confinement et la réouverture en phases de ses restaurants. Cela n’a pas suffi.

Avant la crise Covid, les résultats financiers étaient pourtant bons

Pour les syndicats, c’est l’incompréhension. Les travailleurs de Lunch Garden ont déjà fait des efforts en 2014. Ils ont renoncé à toute une série d’avantages pour redresser la barre de l’entreprise. En 2018 et surtout en 2019, les résultats financiers ont été bons, à un point tel que les syndicats ont obtenu que les salariés récupèrent une participation aux bénéfices, l’un des avantages perdus précédemment. La crise Covid aurait tout déstabilisé a expliqué la direction. "La direction nous annonce que la crise Covid est venue gâcher cette belle réussite", a déclaré Stéphane Piron, du Setca. Ce dernier explique que d’autres éléments auraient joué.

"D’abord, on ne répond pas à une crise temporaire par des mesures définitives. Ensuite, la direction avait annoncé dans un conseil d’entreprise qu’il y avait eu un refinancement de l’ordre de 77 millions d’euros. 37 millions ont été redistribués aux actionnaires. Ce refinancement s’est fait à un taux nettement plus élevé. Il y a des intérêts annuels de plus d’1,4 millions d’euros à payer. Donc, il y a une gestion qui n’est pas très claire et pas très saine, à notre avis", estime Stéphane Piron, Secrétaire fédéral du Setca

 

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