Faut-il encourager le smartphone en classe plutôt que l'interdire?

Denis a 16 ans. Pendant six mois, il a étudié dans une école au Canada. "Là-bas, l’approche est très différente", explique-t-il. "On pouvait avoir notre GSM en classe, dans les couloirs, tout le temps".

Depuis quinze ans, le Canada investit beaucoup pour équiper les écoles d’ordinateurs et de tableaux interactifs. Désormais, de nombreuses écoles encouragent les élèves à venir avec leur propre matériel. Les enseignants mettent leurs cours en ligne et les enrichissent de photos ou de vidéos. "Plus besoin de prendre des notes, explique Denis, tout ce que le prof écrit sur son tableau interactif est immédiatement copié sur le site de l’école".

Exercices en ligne - à faire à la maison ou en classe - corrections en direct par l’enseignant, possibilité de poser des questions à distance ou de travailler avec d’autres élèves sur un projet collaboratif… Les possibilités qu’ouvrent les smartphones sont nombreuses.

"Le smartphone, c’est un outil multitâches", confirme Sandrine Geuquet qui enseigne le français à l’Athénée Royale d’Ans. "On est là pour former des citoyens qui vont entrer dans une société où le numérique est omniprésent".

L’école n’autorise pas les élèves à téléphoner dans les couloirs mais permet aux enseignants d’utiliser, dans leurs cours, leurs GSM ou les tablettes dont l’école s’est dotée. "Il y a beaucoup d’applications qui permettent de faire des exercices interactifs en classe", dit l’enseignante. "Cela permet de faire participer tous les élèves alors que si je sollicite leurs réponses oralement, seuls quelques-uns lèveront le doigt".

Conseillère pédagogique au numérique au sein de Wallonie-Bruxelles Enseignement, Sandrine Geuquet connait une foule d’applications utilisables en classe, pour des exercices de dictée ou compréhension à l’audition.  "Quand un élève me demande s’il peut chercher la définition d’un mot sur son smartphone, j’estime que j’ai tout gagné".

L’enseignante ne nie pas que les GSM sont aussi une source de distraction. Mais en d’autres temps les élèves dessinaient ou "jouaient à Oxo" quand ils s’ennuyaient pendant les cours. "Quand l’enseignant parvient à mobiliser ses élèves, ils ne vont pas voir ailleurs", pense-t-elle. 

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