Des chaussettes dépareillées pour dépasser les préjugés

Twitter
Twitter - © Tous droits réservés

Ce 21 mars, ils ont enfilé des chaussettes différentes. Et ce n’est pas parce qu’ils sont distraits. Sur les réseaux sociaux, des milliers d’internautes ont affiché leurs pieds colorés. Ces chaussettes non-assorties interrogent la façon dont nous percevons les différences. Une action symbolique mondiale pour l’acceptation de la trisomie 21. Une mobilisation en faveur d'une meilleure inclusion des personnes handicapées dans la société. 

Lucile a deux ans. Elle est un peu différente des autres enfants de sa crèche. Lucile est née un troisième chromosome 21. "Le monde s’est un peu écroulé le jour où l’on nous a dit qu’elle présentait une trisomie 21", se souvient sa maman. "Mais après, cela a surtout été beaucoup de bonheur".

Judith Yasse n’est pas du genre à se lamenter. Si elle ne nie pas les difficultés liées à la trisomie de sa fille, elle estime qu’il faut aussi dédramatiser et tordre le cou à certains clichés. Les mentalités évoluent mais "d’une façon générale, le handicap n’est pas encore perçu comme normal", regrette-t-elle.

"Les enfants atteints de trisomie 21 sont parfois trop rapidement orientés vers l’enseignement spécialisé. Une école spécialisée peut apporter beaucoup aux enfants, précise-t-elle, mais cette scolarisation différenciée contribue à les mettre un peu en marge de la société".

"En marge de la société"

C’est son combat pour Lucile. Tout faire pour ne pas avoir à la séparer des autres enfants, à la crèche, à l’école et dans les autres activités. "Si, dès l’enfance, on la met en marge de la société, comment pourrait-elle être réintégrée à l’âge adulte?", s'interroge Judith Yasse.

Logopédie, psychomotricité, kinésithérapie… Il a fallu mettre en place tout un encadrement pour y arriver. Cela a un coût. Les séances de logopédie, par exemple, ne sont pas remboursées par la sécurité sociale. Malgré le dévouement de ses proches, Judith Yasse a dû aussi aménager sa vie professionnelle. Elle l’admet volontiers: toutes les familles ne sont pas égales face à la trisomie d’un enfant.  

En Belgique, on estime que 10.000 personnes vivent avec la trisomie 21. Cela représente environ une naissance sur 800.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK