Crise, pétrole et sanctions: le plan comm' du Venezuela tient-il la route?

La prochaine présidentielle approche au Venezuela (ce sera le 20 mai) et le pays tente de se sortir d'une situation socio-économique difficile. Le ministre vénézuélien était à Bruxelles ce 11 avril. Il y a rencontré Federica Mogherini, cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, et a donné une conférence de presse. Vews y était et a été surpris par quelques éléments...

Il n'y a pas de crise humanitaire au Venezuela

"Y a-t-il une crise humanitaire au Venezuela ? Non, il n’y a pas de crise." Jorge Arreaza Montserrat, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, l'a répété: il n'y a pas de crise ou en tout cas "pas plus que dans n'importe quel autre pays". Des propos qui nous étonnent tant les images qui nous parviennent du Venezuela montrent des magasins vides, des pharmacies sans provisions et des citoyens fuyant la situation vers les pays voisins (1,7 millions de Vénézuéliens ont quitté le pays en 2017). 

Si l'on en croit les prévisions du Fonds monétaire international, le Venezuela connaîtra une inflation de 13.000 % en 2018. A titre de comparaison, en Belgique l'inflation est estimée à 1,4%. 

Une situation difficile due "aux sanctions américaines"

"Nous avons été sanctionnés par les USA, par le système financier international. Il est difficile de nous faire rembourser notre pétrole pour acheter de la nourriture pour notre population. Et malgré ça, nous faisons de notre mieux, nous distribuons de la nourriture bon marché directement dans les maisons de millions de Vénézuéliens", explique le ministre vénézuélien. En mentionnant ces sanctions, Jorge Arreaza précise souvent "américaines" car c'est de Washington que viennent les sanctions les plus dures. 

Les Etats-Unis ont bloqué l'accès aux devises étrangères et ciblé plusieurs personnalités politiques (liées au parti au pouvoir) accusées d'avoir saboté le processus électoral régional d'octobre 2017.  

Le ministre n'évoque pas du tout la chute des prix du pétrole depuis 2014. Le Venezuela a les plus importantes réserves pétrolières au monde et le pays dépend économiquement des revenus du pétrole (95% de ses exportations). La grosse difficulté est que le pays ne parvient pas à diversifier son économie. Cet obstacle avait déjà été pointé du doigt par Hugo Chavez en 1999, après sa première élection comme président du pays. En près de 20 ans au pouvoir, le parti de Chavez et de Nicolas Maduro (l'actuel président) n'est pas parvenu à changer la donne : "Ce n'est pas qu'un problème économique, c'est aussi une question de mentalité", précise Jorge Arreaza.

Un rapport mensonger de Human Rights Watch

En novembre 2017, l'ONG Human Rights Watch publiait un rapport sur le Venezuela:
 

Venezuela : Représsion brutale contre des manifestants (HRW)

https://www.youtube.com/watch?v=PC32hX0lr9U

"L'intensification de la répression a été énorme. Depuis le mois d'avril 2017, il y a eu plus de 5400 arrestations arbitraires fondées sur des motifs politiques", détaille l'ONG de défense des droits de l'homme. 

"Je ne sais pas d’où viennent ces chiffres", s'étonne le ministre vénézuélien des Affaires étrangères. "Ils utilisent n’importe quelle information, je ne pense pas que Human Rights Watch soit une bonne source d’information, en particulier en ce qui concerne le Venezuela."

Et le ministre de renvoyer à la situation américaine avec le sort de manifestants promis à la peine de mort selon lui. Avant d'ajouter : "Ça fait partie de l’intention des médias internationaux pour faire croire aux gens qu’il y a une dictature au Venezuela, qu’il y a des violations des droits de l’homme."

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