Quand une essayiste suisse déverse sa haine de la Belgique

La catastrophe pourrait s'expliquer par "le système belge", selon l'essayiste Regula Stämpfli.
La catastrophe pourrait s'expliquer par "le système belge", selon l'essayiste Regula Stämpfli. - © BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

Profiter d’un dramatique accident pour déverser toute sa haine d’un pays, c’est honteux, grotesque et immoral. Pourtant, Regula Stämpfli, politologue et philosophe helvétique, n’a pas hésité à franchir ce pas pour attaquer une Belgique déjà meurtrie. À grand renfort de comparaisons odieuses et particulièrement stupides.

"Ma première réaction, spontanée, en tant que mère fut : Oh non! Quelle horreur! Ma seconde : ça ne m’étonne pas. Un autocar belge – en mettant l’accent sur le 'belge'."

Dès le premier paragraphe de sa chronique, Regula Stämpfli donne le ton. Paru quelques heures après le drame sur le très populaire site www.news.ch, son texte, dont une traduction (non-officielle) est disponible ici, cherche à identifier le véritable responsable de cette catastrophe.

Mais très vite, l’auteur dérape et s’en prend au système belge. "Dans le cas du chauffeur d’autocar portant une plaque d’immatriculation belge, cela signifie que la formation, le contrôle, les techniques de conduite, l’équipement du véhicule sont, en Belgique, du même niveau que dans un pays du tiers-monde, voire plus faibles encore", note-t-elle, sans argumenter et en ne fournissant ni chiffres ni preuves.

"Un pays duquel rien de bon ne peut sortir"

Après avoir rappelé que durant plus d’un an et demi, la Belgique n’a pas disposé de gouvernement fédéral sans que cela ne semble gêner personne, Regula Stämpfli critique la gestion du secteur immobilier bruxellois et parle de "catastrophe urbanistique". Le rapport avec la mort des jeunes écoliers et de leurs accompagnateurs ? Aucune idée.

La politologue poursuit son "raisonnement". Selon elle, il faudrait désormais utiliser, dans l’univers des infrastructures routières européennes, un nouveau terme, "Belgisation", qui servirait à décrire "un pays où apparemment tout est possible et où les personnes responsables ne doivent jamais purger leur peine, un pays (…) duquel rien de bon ne peut sortir, si ce n’est le chocolat, les moules, les frites et un certain humour surréaliste."

Des comparaisons répugnantes

Et, comme pour préciser sa nauséabonde pensée, Regula Stämpfli se fend d’un petit post-scriptum dans lequel elle rappelle que la Justice belge "avait, dans les années ’90, fait libérer après quelques mois à peine le violeur et meurtrier d’enfants Marc Dutroux, pourtant condamné à la prison à vie". Un post-scriptum inutile et totalement erroné. Comme toute la chronique de cette brave Regula Stämpfli.

Quelqu’un a-t-il fait un lien entre les catastrophes ferroviaires qu’a connues la Suisse dans les années ’80, les suicides collectifs de la secte de l’Ordre du Temple Solaire en 1994, les comptes cachés et les scandales bancaires ou la récente montée de l’extrême-droite dans les contrées helvétiques ? Non. Car une telle comparaison serait répugnante. Tout simplement.

PIAB

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