En Brabant wallon, sept candidats sont seuls sur leur liste

Sept listes dans le Brabant wallon n'auront qu'une case sur le bulletin de vote.
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Sept listes dans le Brabant wallon n'auront qu'une case sur le bulletin de vote. - © Jonas Hamers / ImageGlobe - BELGAIMAGE

Qu'ont en commun les listes Pirate et Tubize Autrement à Tubize, Citoyens d'Europe à Orp-Jauche, NENA à Beauvechain, Coquelicots Hélécinois à Hélécine et Intérêts Citoyens à Court-Saint-Etienne et Wavre? Ces listes ne comptent qu'un seul candidat. Dans plusieurs communes de la province, des formations ont peiné à présenter une liste complète pour ces élections communales. Mais pour sept d'entre elles, la liste comportera un seul nom sur le bulletin de vote. Une "solitude" volontaire ou non, mais en tout cas assumée par les deux candidats que nous avons rencontrés.

Il faut être un peu fou

Se lancer seul n'a pas été une décision facile à prendre pour Eric Evrard. Cet agriculteur bio de Beauvechain, fils d'un échevin sortant, est parti du constat que le monde agricole était trop peu représenté sur les listes de sa commune. Il a lancé la sienne, "Nos enfants, notre avenir" (NENA), après de longues hésitations. "Chaque fois que j'en parlais à quelqu'un, je me disais que ce serait trop compliqué et je revenais sur ma décision, confie le candidat. Mais mes convictions m'ont poussé à me lancer, à me dire qu'il n'y a pas le choix. Les défis sont trop grands et les années continuent à passer". Dylan Gossiaux, candidat solitaire de la liste Intérêts Citoyens à Wavre, n'osait pas lui non plus franchir le cap. Il faut dire qu'à 21 ans, sans avoir jamais eu l'occasion de voter de sa vie, la politique ne faisait pas partie de ses préoccupations principales. Après avoir participé à plusieurs réunions du parti Intérêts Citoyens dans la province, c'est la naissance de sa fille qui a été le déclic: "Je me suis dit que je devais faire bouger les choses pour qu'elle ait un monde meilleur. Un mois avant le dépôt des listes, j'ai décidé de me lancer à Wavre. Il faut être un peu fou", reconnaît-il. Le candidat a essayé d'embarquer des amis de son âge dans l'aventure, "mais ils n'ont pas voulu car, soit-disant, ils n'y connaissent rien en politique".

Dès qu'on se met à deux, trois ou dix, il faut faire pas mal de concessions!

Dylan a donc été seul chercher les cent signatures nécessaires au dépôt de sa liste. "Au début, quand je n'en avais que six où sept, j'étais vraiment découragé. Mais j'y suis finalement arrivé", clame-t-il fièrement. Pour sa campagne, il bénéficie de l'appui de son parti, qui présente des listes dans trois communes du Brabant wallon, dont une autre avec un seul candidat, à Court-St-Etienne. Eric Evrard, lui, ne bénéficie pas d'une telle aide logistique. Il a transformé son bureau en QG de campagne, a rédigé son programme qu'il a fait imprimer et distribuer dans les boîtes aux lettres de Beauvechain. Il prévoit même d'aller coller quelques affiches. "Si tout le monde le fait, c'est que ça marche. Je ne vais pas être complètement à contre courant", explique le candidat. La campagne en solitaire n'a d'ailleurs pas pour lui que des inconvénients: "Le gros avantage d'être tout seul c'est de pouvoir donner clairement ma position. Dès qu'on se met à deux, trois ou dix, il faut commencer à faire pas mal de concessions!". Sans compter qu'on parle davantage de la campagne de ces candidats que s'ils emmenaient une vraie liste. Ils sont bien conscient que, seuls, il ne parviendront pas à renverser les choses dans leur commune. Mais, avec le seul siège qu'ils pourraient obtenir, ils ont pour ambition mener une opposition constructive au sein du conseil communal de leur commune.

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