Communales 2018: les francophones de la Côte belge en manque de représentants

La Côte reste la destination favorite des Belges pour passer quelques jours de vacances. Certains aiment tellement la mer du Nord qu'ils s'y sont même installés. A quelques semaines des élections communales, comment vivent-ils la campagne en cours ? Se sentent-ils concernés ? Nous sommes allés à leur rencontre.

Coxyde, 12% de francophones

Coxyde, c'est l'une des stations balnéaires préférées des Belges. Sa digue, ses rues commerçantes et son ambiance villageoise fait de cette commune flamande de 22 000 habitants, un repère de francophones. 10 à 12% de la population vient de Wallonie ou de Bruxelles. "On a très bien été accueilli ici à Coxyde. Cela fait 20 ans que j'y habite et entourée de Flamands, je m'y sens très bien", nous confie Arlette Col, habitante de Coxyde, originaire de Saint-Ghislain. 

Partout en ville, sur la digue et aux fenêtres des maisons, les affiches électorales sont apparues. Pour les Coxydois francophones rencontrés, il est parfois difficile de se reconnaître dans les listes majoritairement composées de candidats flamands. "Je trouve dommage qu'il n'y ait pas de liste francophone, on voterait pour eux", nous confie Arlette. 

Francophones en Flandre, une minorité

On estime à 300 000 le nombre de francophones habitant en Région flamande. François Gyselinck habite à Coxyde depuis près de 40 ans. Il y a travaillé dans l'immobilier jusqu'à sa retraite et aujourd'hui, il consacre une partie de son temps au club Richelieu International Europe (RIE), une association qui défend la francophonie. il estime que les listes électorales déposées dans sa commune ne sont pas à l'image de la population coxydoise et le regrette : "Le droit des minorités c'est quelque chose qui a été voté aux Nations unies. La Belgique a d'ailleurs signé ce traité mais n'a jamais mis en application ces arrêtés. On se sent donc comme une minorité ethnique discriminée". 

Des candidats francophones en campagne à la Côte

En remontant les archives et en analysant les scrutins communaux du passé, nous avons retrouvé l'existence de listes francophones à la côte, notamment à Coxyde. Mais celles-ci n'ont jamais connu de succès électoraux. Patrick Mullier, un restaurateur natif de la commune, l'explique par le profil des francophones qui s'installent là-bas. "Coxyde est l'une des communes les plus âgées du pays. La moyenne d'âge y est de 55 ans et nous avons une population francophone qui vient surtout s'installer ici en seconde partie de vie, lorsqu'ils sont à la retraite. Ils sont tranquilles et pour eux, la politique, cela se résume à une ville propre et pas trop de taxes", analyse-t-il.

Pourtant, des francophones engagés et qui se lancent en politique, nous en avons rencontrés par hasard. Bernard Lassoie est originaire d'Hornu. Il y a quelques années, il s'était même déjà présenté sur une liste socialiste à Jurbise. Depuis deux ans, il habite à Coxyde avec son épouse. Bien intégré, il se lance sur la liste sp.a avec beaucoup de motivation. "Il faut de l'audace pour se lancer. Je me sens très bien et je suis soutenu par mon président de section et par le reste de la liste. J'ai envie de m'investir dans ma commune, dans le social et surtout pour les personnes à mobilité réduite", explique le vingtième candidat sp.a à Coxyde. 

Autre liste, Koksijde Vooruit, traduisez Coxyde en marche, où l'on trouve aussi quelques candidats francophones. Il s'agit d'une plateforme citoyenne regroupant des Coxydois engagés et intégrés qui indépendamment de toute tendance politique veulent participer à la gestion de leur commune côtière. Koksijde Vooruit se veut être le reflet de la population. Pour élaborer leur programme, la plateforme a organisé une consultation populaire début 2018 où ils ont pu faire ressortir les demandes des citoyens. Ils mènent en ce moment campagne dans les rues de Coxyde dans toutes les langues nationales du pays, en français, en néerlandais et en allemand.

Reste à désormais à convaincre les électeurs francophones de la Côte, pour qui la politique est secondaire, dans une retraite paisible au littoral. 

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