Facebook: le boom de la vidéo sur les réseaux sociaux est-il un leurre?

Facebook a-t-il diffusé de faux chiffres qui ont trompé les annonceurs et les rédactions, menant à la perte d'emploi de centaines de journalistes ? Un groupe de publicitaires américains a décidé de porter plainte contre Facebook.

Printemps 2016. Une petite musique naît auprès des publicitaires et des éditeurs de presse : "L'avenir, c'est la vidéo". Ce discours, on l'entend chez Facebook : chez Mark Zuckerberg, mais aussi chez les cadres de la société. "D'ici 5 ans, il n'y aura plus que de la vidéo", disent-ils. Ajoutant que c'est devenu le meilleur moyen de faire passer une information, meilleur que le texte. D'après Facebook, les chiffres de l'engouement pour la vidéo le prouvent.

Septembre 2016. Le Wall Street Journal a reçu des information, une fuite venue de chez Facebook. "Le temps de visionnage pour les vidéos publicitaires est largement surestimé depuis 2 ans... de 60 à 80 %."

Les chiffres de visionnages surestimés de 150 à 900%

Il semble, aujourd'hui, que les chiffres aient été bien plus surestimés. La plainte, déposée par un groupement de publicitaires américains, prétend que les chiffres ont été gonflés bien plus que ça. De 150 à 900%, d'après des sources internes à Facebook.

Visiblement, le temps de visionnage moyen est passé de 2 secondes à 17 secondes, à cause d'une erreur de calcul. Donc le nombre de vue est conforme à la réalité, contrairement à la durée de visionnage. Or, une vidéo vue 2 secondes, n'est pas forcément une vidéo regardée.

Quelles conséquences de ces chiffres biaisés ?

Si ces chiffres sont exacts, ils pourraient avoir eu d'énormes conséquences. D'une part, pour les publicitaires qui ont transféré leurs ressources de la télévision à Facebook, d'autres part pour les rédactions des médias (traditionnels et pure players).
A l'époque, la question est de savoir à quels contenus éditoriaux, à quels formats, il faut allouer des moyens, des journalistes.

C'est ce qu'on a appelé le "pivot vers la vidéo". Les rédaction, même la presse écrite, ont commencé à faire de la vidéo...
Cette idée est basée, explique NiemanLab, sur la croyance que si Facebook voyait ses utilisateurs massivement basculer du texte vers la vidéo, la tendance devait être vraie pour les vidéos d'information aussi.

Ce pivot vers la vidéo pourrait avoir eu d'énormes conséquences en terme d'emplois. D'après The Atlantic, qui a fait ses comptes dans les rédactions américaines, des centaines de journalistes y ont perdu leur emploi. De Vice à Mashable, la liste est longue des médias qui expliquent que pour recentrer leurs productions sur la vidéo, ils ont décidé de licencier.

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