Turquie: le Secrétaire général du Conseil de l'Europe comprend le "nettoyage" post-coup d'Etat

Le Secrétaire général du Conseil de l'Europe Thorbjorn Jagland a reconnu ce mercredi en Turquie "le besoin de nettoyer" les institutions de ce pays après la tentative de coup d’État.

Thorbjorn Jagland est le premier responsable européen à apporter son soutien à Ankara dans la vaste purge en cours. Il a toutefois rappelé la nécessité de respecter l’État de droit, alors qu'a lieu une traque implacable des sympathisants du prédicateur Fethullah Gülen, en exil aux États-Unis, accusé d'être derrière le putsch avorté.

"Je voudrais dire qu'il y a eu trop peu de compréhension de la part de l'Europe au sujet des défis que cela (le putsch raté) a créés pour les institutions démocratiques et l’État (en) Turquie", a dit le secrétaire général du Conseil de l'Europe après une rencontre avec le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu.

Le fait est d'autant plus étonnant que Thorbjorn Jagland est également président du comité Nobel, chargé de décerner le prix Nobel de la paix. 

50 000 limogeages

Les critiques ont plu en Europe concernant l'ampleur de cette purge menée tambour battant en Turquie, qui a laminé l'armée, la justice, l'éducation et la presse, avec au total quelque 10 000 détentions provisoires et plus de 50 000 limogeages.

"Je reconnais que bien sûr il était nécessaire de lutter contre ceux qui étaient derrière ce coup d’État raté et aussi ce réseau secret, qui a infiltré les institutions de l’État, l'armée et aussi la justice", a dit Thorbjorn Jagland, au sujet des sympathisants de Fethullah Gülen.

"Nous avions été informés de cela (les réseaux de Gülen) depuis très longtemps. Donc bien sûr nous voyons le besoin de nettoyer tout cela", a dit Thorbjorn Jagland, avant une rencontre avec le président Recep Tayyip Erdogan puis le Premier ministre Binali Yildirim.

Mais "il est aussi très important que cela soit fait en conformité avec l'Etat de droit et les normes de la convention européenne des droits de l'homme", a-t-il ajouté.

Celle-ci mentionne "des principes très importants selon lesquels toute personne est innocente tant que sa culpabilité n'a pas été prouvée", a-t-il souligné.

État d'urgence

Thorbjorn Jagland s'est félicité du fait que le gouvernement turc ait accepté de "travailler avec des experts du Conseil de l'Europe pour que ceci se passe convenablement", au sujet de la période post-coup d’État lors de laquelle la Turquie vit sous l’état d'urgence pendant trois mois.

Comme l'avait fait la France avant les attentats de novembre 2015, la Turquie avait annoncé qu'elle allait déroger à la Convention européenne des droits de l'homme, ce qui la prémunit, dans certaines limites, de poursuites.

Elle est membre depuis 1949 du Conseil de l'Europe, qui réunit 47 pays et dont la mission principale est la défense des droits de l'homme et de l’État de droit.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK