Turquie: l'appel au "calme" et au respect de la démocratie de la communauté internationale

Turquie: l'appel au "calme" et aux respect de la démocratie de la communauté internationale
Turquie: l'appel au "calme" et aux respect de la démocratie de la communauté internationale - © Tous droits réservés

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a appelé samedi au "calme" et au "respect total des institutions démocratiques en Turquie", "allié estimé" de l'alliance militaire où une tentative de coup d'Etat était en cours.

"J'appelle au calme et à la retenue, et au respect total des institutions démocratiques de la Turquie et de sa constitution", a déclaré M. Stoltenberg dans un bref communiqué dans la nuit de vendredi à samedi, tandis qu'un groupe de putschistes de l'armée turque affirmait avoir pris le pouvoir dans le pays.

Jens Stoltenberg a indiqué s'être entretenu avec le ministre des Affaires étrangères turc Mevlut Cavusoglu et suivre les événements "de près" et "avec préoccupation".

"La Turquie est un allié estimé de l'Otan", a-t-il conclu dans son bref message.

ONU

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé vendredi à un retour rapide et pacifique du pouvoir civil: "Les interférences des militaires dans les affaires de n'importe quel Etat sont inacceptables", a déclaré M. Ban dans un communiqué.

"Il est crucial de réinstaurer le pouvoir civil et l'ordre constitutionnel rapidement et pacifiquement en accord avec les principes de la démocratie", a ajouté M. Ban.

"Retour de l'ordre constitutionnel" pour l'UE

Du côté des européens, on dénonce aussi le coup d'état militaire mais sans afficher aussi clairement le soutien au président Erdogan lui-même. L'Union européenne (UE) a appelé samedi à un "retour rapide à l'ordre constitutionnel en Turquie", le président du Conseil européen Donald Tusk martelant que les difficultés persistantes du pays "ne pouvaient être résolues par les armes".

Face à la tentative de coup d'Etat en Turquie, "l'UE soutient totalement le gouvernement démocratiquement élu, les institutions du pays et l'Etat de droit", ont asséné dans un communiqué commun Donald Tusk, le président de la Commission Jean-Claude Juncker, et la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Tous s'exprimaient depuis la Mongolie, où se tient depuis vendredi le 11e sommet Europe-Asie (Asem), un forum de coopération réunissant une cinquantaine de pays.

"Les tensions et les défis auxquels fait face la Turquie ne peuvent être résolus par les armes. Il n'y a pas d'alternative à la démocratie et au régime de droit", a par ailleurs insisté Donald Tusk devant la presse, lors de la clôture du sommet.

Condamnation de la violence

Un peu plus tôt, Federica Mogherini avait convoqué à Oulan-Bator une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères et représentants des 28 Etats membres de l'UE présents à l'Asem.

"Ils ont condamné l'usage de la violence à l'encontre (des institutions démocratiques). Ils se sont accordés sur le fait que toute escalade de violence impliquant des civils devait être évitée", a indiqué dans un communiqué la responsable de la diplomatie de l'UE.

Le porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel a ainsi affirmé que "l'ordre démocratique doit être respecté en Turquie".

De tous côtés, on affirme continuer de suivre de près l'évolution de la situation.

Kerry et Obama montent au créneau

Le président des Etats-Unis Barack Obama a exhorté vendredi toutes les parties en Turquie à soutenir le gouvernement turc "démocratiquement élu" du président Recep Tayyip Erdogan. Barack Obama a aussi appelé, après une conversation avec son secrétaire d'Etat John Kerry, à "faire preuve de retenue et éviter violence ou bain de sang" en Turquie, où des policiers ont été tués et où des soldats ont tiré sur la foule à Istanbul.

John Kerry, actuellement à Moscou pour négocier le dossier syrien avec son homologue russe, a dit espérer la paix, la stabilité et la "continuité" du pouvoir en Turquie. "Nous avons entendu ce qui pourrait se passer tout juste avant de venir ici. Donc je ne pense pas qu'il soit juste de faire un commentaire", a d'abord précisé John Kerry. "Nous n'avons pas de détails pour le moment, mais j'espère qu'il y aura stabilité, paix et continuité en Turquie", pays allié des Etats-Unis au sein de l'Otan.

Le pays représente un rempart clé à l'Est pour l'Alliance militaire, avec la deuxième plus grosse armée de l'Otan derrière les Etats-Unis.

La Russie soutient clairement Erdogan après la réconciliation

La Russie de son coté dit suivre de très près la situation sur place, et marque clairement son soutien au président Erdogan. Une position marquée après la réconciliation surprise, il y a deux semaines, entre le président russe Vladimir Poutine et le président turc, après des mois de tensions entre les deux pays. La Turquie, de plus en plus isolée, a récemment entrepris une série de rapprochements avec des voisins dont Israël qui, de son côté, n'a pas encore réagi.

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