Répression en Turquie: le Conseil de l'Europe exhorte Ankara à "ne pas ratisser trop large"

Le Secrétaire général du conseil de l'Europe Thorbjorn Jagland a exhorté jeudi la Turquie à faire preuve de retenue dans la répression menée contre les personnes suspectées de liens avec le coup d’État manqué du 15 juillet.

"Sur les poursuites post-coup d’État en Turquie : il ne faut pas ratisser trop large", a écrit sur Twitter Thorbjorn Jagland, après une rencontre avec des responsables turcs à Ankara.

Thorbjorn Jagland est l'un des plus importants représentants européens à se rendre en Turquie depuis la tentative de putsch.

Après une rencontre mercredi avec le ministre turc des Affaires étrangères à Ankara, Thorbjorn Jagland avait ravi ses hôtes en déclarant qu'il fallait s'attaquer au "réseau secret" du prédicateur Fethullah Gülen, en exil aux États-Unis, accusé par Ankara d'être derrière le putsch avorté.

"Bien sûr nous voyons le besoin de nettoyer tout cela", a-t-il dit mercredi, ajoutant qu'il y avait "trop peu" de compréhension de la part de l'Europe face aux défis auxquels la Turquie fait face.

Un porte-parole de Thorbjorn Jagland a précisé jeudi que le secrétaire général comprenait "le besoin de mener des investigations", mais qu'il ne soutenait pas pour autant une purge de grande envergure des institutions turques.

25 917 personnes interpellées

Jeudi, Thorbjorn Jagland a mené des discussions avec le ministre des Affaires européennes, Omer Celik, et le principal leader d'opposition Kemal Kilicdaroglu.

Selon le ministre de l'Intérieur Efkan Ala, 25 917 personnes ont été interpellées, dont 13 419 étaient toujours en détention mercredi pour leur rôle dans la tentative de putsch. Des dizaines de milliers d'autres ont aussi perdu leurs emplois, en particulier dans l'éducation.

Selon le porte-parole, Thorbjorn Jagland estime notamment que les enseignants ne devraient pas être écartés simplement parce qu'ils ont travaillé dans une école liée au réseau de Fethullah Gülen.

Le président Erdogan a déclaré jeudi que le "virus" de l'influence de Gülen s'était propagé partout en Turquie et devait être "nettoyé".

"Nous n'avons pas encore mis un point d'arrêt. Nous continuerons de lutter de manière déterminée", a-t-il dit dans un discours au palais présidentiel à Ankara.

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