Nollet: "Erdogan n'utilise pas le coup d'Etat pour unifier son pays mais pour régler ses comptes"

Nollet: "Erdogan n'utilise pas le coup d'Etat pour unifier son pays mais pour régler ses comptes"
Nollet: "Erdogan n'utilise pas le coup d'Etat pour unifier son pays mais pour régler ses comptes" - © KRISTOF VAN ACCOM - BELGA

En ce lundi d’été, Bertrand Henne recevait au micro de matin Prem1ère, Jean-Marc Nollet, député Ecolo afin d’aborder la question du coût du démantèlement des centrales nucléaires. L’occasion également de revenir sur l’actualité de ce weekend, notamment le coup d’Etat manqué en Turquie. Un coup d’Etat qui suscite de nombreuses interrogations, tant dans sa genèse que dans ses conséquences politiques.

On a l’impression que tout était prêt

"Le recours à la violence armée n’est jamais acceptable. On peut se féliciter de la réaction de la population mais j’ai l’impression d’assister à un second coup d’Etat. 6000 personnes sont incarcérées, plus de 2700 juges et procureurs ont été relevés de leurs fonctions. Et ce ne sont pas nécessairement des gens ayant participé au coup d’Etat. Juste parce qu’il étaient critiques envers Erdogan. Tout cela en 24 heures. On a l’impression que tout était prêt. Que les listes existaient déjà." De là à dire que tout était prémédité il n’y a qu’un pas que le chef de groupe à la Chambre préfère ne pas franchir.

La réaction du gouvernement belge est largement insuffisante

Car nombreux sont les analystes qui n’hésitent pas à faire le rapprochement avec un autre épisode similaire de l’Histoire: l’incendie du Reichstag en février 1933 présenté par les nazis comme un "complot communiste" et prétexte à une campagne de répression envers la plupart des opposants au Führer. "La réaction a de quoi nous inquiéter. Et la réaction du gouvernement belge est largement insuffisante. Il doit exiger le retour d’un ordre démocratique et non pas la création d’un pouvoir autoritaire. On voit ce qui se passe par rapport aux juges, on connaît la situation de la presse en Turquie. C’était d’ailleurs paradoxal de voir Erdogan utiliser les réseaux sociaux alors qu’il est le premier à les couper. Erdogan n’utilise pas le coup d’Etat manqué pour unifier son pays mais pour régler ses comptes. Et c’est cela que la Belgique doit condamner."

Electrabel va nous léguer des déchets nucléaires et la facture qui va avec

Tout autre chose, le montant provisionné par Electrabel chaque année pour le démantèlement des centrales nucléaires et le traitement des déchets. Les verts estiment en effet que les 13 milliards prévus au final ne seront pas suffisants et ont d’ailleurs fait réaliser une étude par l’ULB qui le confirme. En cause ? Le taux de rendement de 4,8% sur lequel tablait Electrabel lors de l’instauration de ce fonds et qui est désormais loin de la réalité des banques. " Tout le monde peut s’en rendre compte. Un taux de rendement, même si l’on retire l’inflation, de 2,8% ne peut être garanti. Et donc, sur ce volet là, il devrait manquer environ 3 milliards d’euros. Mais ce n’est pas le seul problème. Il y a la question des déchets. En France ce coût de stockage a été réévalué et il équivaut au triple. Les Egyptiens nous ont légué de belles pyramides, Electrabel va nous léguer des déchets nucléaires et la facture qui va avec."

Le nœud du problème ? Selon Jean-Marc Nollet, le fournisseur d’énergie ne respecterait pas la loi. "Notre demande est d’ailleurs simple, que l’on revienne à la loi, que l’on responsabilise Electrabel, que l’on réévalue les coûts. Et j’exige que les versements nécessaires, soit près de 5 milliards, soient effectués par Electrabel d’ici la fin de l’année."

J’ai retenu la leçon des erreurs d’André Antoine

Qui dit électricité, dit également facture. Une facture qui devrait augmenter de 32 euros en moyenne pour le consommateur wallon selon le régulateur, à cause de l’héritage des surcoûts engendrés par les fameux certificats verts et les primes au photovoltaïque. " Cet héritage du passé, c’est l’héritage d’André Antoine. Le problème s’est initié dans un gouvernement où les écolos n’étaient pas. Nouc avons dû jouer aux pompiers lorsque j’étais ministre. J’ai diminué les montants de subventions de 65%. J’ai retenu la leçon des erreurs d’André Antoine." 

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